La résurrection de Babylone

Et si les origines de la civilisation humaine ne se situaient pas sur les bords du Nil mais plutôt dans cet espace de terre privilégié appelé Mésopotamie, situé entre deux fleuves, le Tigre et l’Euphrate ? Sans entrer dans une querelle qui, depuis plus d’un siècle, oppose historiens et archéologues, on sait, néanmoins, que la Mésopotamie fut, il y a cinq mille ans, le berceau d’une civilisation prodigieuse, à laquelle l’humanité doit une large part de son patrimoine : la foi, l’écriture, les sciences, la littérature… Bref, les bases essentielles de notre culture.
Dans un ouvrage, certes austère, mais d’une grande rigueur historique et scientifique, Harry W. F. Saggs, professeur à l’université de Cardiff et l’un des meilleurs spécialistes de la Mésopotamie, raconte la grande aventure archéologique qui permettra d’arracher à l’oubli cette brillante civilisation.

Constantinople : la porte de l’Orient

L'empereur Constantin Ier (v.280-337).
L’empereur Constantin Ier (v.280-337).

En quelques siècles à peine, Rome avait étendu son pouvoir bien au delà de ses frontières. Une large partie de l’Europe, mais aussi des contrées orientales et africaines faisaient désormais partie de l’immense Empire. De fait, sa capitale, Rome, paraissait bien loin de l’Egypte ou de la Syrie. C’est pourquoi l’empereur Constantin se mit en tête de se doter d’une nouvelle capitale, située au cœur même de l’Empire. Pour ce faire, il choisit le site de l’antique Byzance, qui avait été pillé et rasé par Septime Sévère en 196. Le choix était judicieux : la situation de Byzance était parfaite, aussi bien stratégiquement que symboliquement. Gardienne du Bosphore, à la frontière entre l’Orient et l’Occident, la Nouvelle Rome –ce sera le nom choisit par Constantin- allait être édifiée à l’image de son modèle : un forum, un sénat, un capitole, sept collines même… Tout avait été pensé pour que Nova Roma soit la réplique parfaite de la Rome initiale. L’idée était séduisante. L’histoire allait en décider autrement et Constantinople –le nom de Nova Roma ne résistera guère de temps- n’aura jamais que l’apparence de Rome. Pour peu de temps cependant…
Achevée en 330, la cité qui devait être le point de rassemblement de l’Empire, perd cet attribue et devient, après la scission de l’Empire, la capitale du seul Empire d’Orient.

Le temps des mégalithes

Jeune guerrier celte près d'un menhir (gravure du XIXe siècle).
Jeune guerrier celte près d’un menhir (gravure du XIXe siècle).

Lieux de légende, objets de superstition depuis des millénaires, les mégalithes sont au cœur de l’imaginaire celtique. Leur origine lointaine, leur profusion en Europe et, surtout, leur taille gigantesque interpellent aussi bien les archéologues que les historiens, les chercheurs que les amateurs.
Condamné par l’Église dès le IVe siècle, le culte des « pierres levées » n’en a pas moins survécu pendant des siècles. Afin de faire cesser les rites celtiques et de les détourner de leur origine païenne, l’Église va donc « christianiser » les mégalithes et, au détour d’un chemin de Bretagne, il n’est pas étonnant de voir, parfois, un menhir surmonté d’une croix. Mais la soumission à l’Église ne fut jamais totale et les fées, les sibylles ou les sorcières rodent encore autour des dolmens ou des menhirs.
Refuge de Méduse en Corse, lieux de sabbat des sorcières, tombeau de Merlin caché dans la forêt de Brocéliande, légionnaires statufiés alors qu’ils poursuivaient saint Cornély, à Carnac, les légendes attachées aux mégalithes se suivent et ne se ressemblent pas. Fortement imprégnées de christianisme, ces histoires fabuleuses nous plongent cependant au plus profond de l’imaginaire celtique.

L’ostracisme ou la démocratie démagogue

Buste de Thémistocle (528-462 av.J.-C).
Buste de Thémistocle (528-462 av.J.-C).

La démocratie : rares sont les politiques actuels à ne pas revendiquer les valeurs qui y sont attachées. Mais la démocratie s’accompagne parfois -et même souvent- de démagogie et c’est à ce moment-là qu’elle commet les pires abus. Sans entrer dans un débat sur l’actualité -chacun pourra faire les rapprochements qu’ils désirent-, il suffit, pour s’en convaincre, de regarder l’histoire. De regarder même au berceau de la démocratie : l’antique Athènes.
Dans l’Athènes de l’Antiquité, à l’époque où la démocratie forge la puissance de la cité et fait sa gloire, la justice, si elle joue le jeu de la démocratie, va aussi être celui de la démagogie et, au final, de l’injustice et de l’abus. L’ostracisme, notamment, en est un exemple frappant.
C’est en 508 avant J.-C. que l’ostracisme est approuvé dans le cadre des réformes de Clisthène qu’apparaît cette nouvelle forme de justice. C’était un jugement par lequel les Athéniens avaient possibilité de bannir, pour une période déterminée, un citoyen jugé dangereux pour les libertés et l’ordre public.

La victoire de Marathon

Décidé à anéantir Athènes, obstacle majeur à la suprématie perse sur la Méditerranée, Darius Ier rassemble une puissante armée de plus de vingt mille hommes et, le 19 septembre 490 avant J.-C., fait débarquer ses troupes près de Marathon. Mais, dès que les Perses ont mis pied à terre, Miltiade, à la tête de dix mille Athéniens, lance ses hommes et prend les soldats de Darius en tenaille.

Quand les dieux régnaient à Rome

le temple de Jupiter Capitolin.
le temple de Jupiter Capitolin.

« Romain, tu domines le monde en te soumettant aux dieux », écrivait la poète Horace dans son recueil d’Odes. C’est à une pratique religieuse stricte et vigilante que les Romains croyaient en effet devoir l’expansion et la préservation de leur empire. Mais de l’époque primitive au culte impérial, le rapport que Rome entretient avec le divin ne concerne pas que les événements de la vie publique ou les campagnes militaires : il impègne chaque étape, voire chaque geste, de la vie du citoyen romain, quelle que soit sa position sociale. Le souci tatillon des Romains de ne pas s’aliéner leurs dieux les pousse à observer un rituel méticuleux, à l’écoute des moindre signaux célestes annonciateurs des décisions divines. La piété romaine a également évolué en fonction d’impératifs historiques et s’est ouverte à des dieux étrangers, intégrés, avec un certain pragmatisme, à l’ancien panthéon.

Bès, gardien du foyer

Statue du dieu Bès.
Statue du dieu Bès.

Sorte de nain barbu, doté d’un visage peu avenant, d’une langue pendante et d’oreilles de lion, Bès, le dieu du foyer de l’ancienne Egypte, a tout pour rebuter… les mauvais esprits. Est-ce de cette fonction même qu’il tire sa laideur ? Celle-ci repousserait-elle les dangers ? Sans doute, de même que le bruit qu’il aime à produire…
Protecteur du foyer, des accouchées, du sommeil aussi, Bès a bien des point commun avec les Parques ou les Moires de la mythologie gréco-romaine. Comme elles, il préside aux événements importants de la vie –naissance, mariage ; comme elles, il est gardien du sommeil. De fait, donc, dans la mythologie égyptienne comme dans celle du monde gréco-romain –et comme dans les croyances médiévales occidentales d’ailleurs-, le rêve, le songe est vecteurs d’esprits ; il est le lien entre le monde des morts et celui des vivants. La popularité de Bès, le fait que de divinité pharaonique, il ait étendu son culte à tout le peuple, atteste, s’il en était besoin, l’inquiétude du commun face au monde des morts. Une inquiétude proportionnelle à la croyance en l’au-delà, en une vie après la mort.

Du culte dionysiaque aux mystères d’Eleusis

Dionysos le dieu du vin de la mythologie grecque.
Dionysos le dieu du vin de la mythologie grecque.

Né au VIe siècle avant J.-C., le culte dionysiaque traîne une réputation pour le moins erronée. Les Bacchantes latines y sont certainement pour quelque chose, ainsi qu’une vision élaborée uniquement sur les attributs les plus marquants de cette divinité.
C’est en Asie mineure, dont il porte le bonnet phrygien, que s’est d’abord développé le culte dionysiaque. Un culte entièrement tourné vers la fête débridée, vers la consommation effrénée de vin, vers une sexualité sans frein. De fait, Dionysos, fils de Zeus et de Sémélé, est, dans la mythologie grecque, le dieu du vin, du désir brutal, des arts et de l’agriculture. Deux derniers attributs qui s’effacent largement au profit des premiers ; deux attributs que l’on a tendance à reléguer, voire à occulter. Sans doute est-ce une erreur car tous ces attributs se tiennent et lorsqu’on les étudie ensemble, la vision qu’ils donnent est celle d’une divinité de la vie, de la mort et de la résurrection. Dieu de l’agriculture et du vin, Dionysos est profondément ancré dans la notion de divinité de la terre. Or c’est la terre qui régénère. C’est elle aussi qui ensevelie, accueillant les corps des défunts. Et, comme chacun sait, Dionysos est une divinité qui est né plusieurs fois. Sauvé du ventre de sa mère par Zeus, qui lui permet d’achever sa gestation dans sa propre cuisse, Dionysos devait ensuite être démembré, brûlé avant d’être ressuscité grâce à l’intervention de la déesse Rhéa. Un épisode qui fait de Dionysos le pendant d’Osiris, mais surtout une divinité de la vie et de la mort, de la vie à tout prix. C’est la célébration de cette vie que célèbre le culte dionysiaque. Un culte profondément marqué par la fête, la danse ; un culte célébrant la vie dans ce qu’elle a de plus débridée. Un culte, enfin, qui, apparaît comme une réponse à la société toujours plus encadrée, plus morale et plus contraignante qui se dessine alors.

L’Ager publicus « pour les nuls »

Un légionnaire romain (gravure ancienne).
Un légionnaire romain (gravure ancienne).

Lorsque l’on étudie l’histoire romaine, immanquablement, on aborde la question de l’Ager publicus. Une question qui va empoisonner les derniers siècles de la République, une question qui est aussi intimement liée à l’expansion romaine dans les premiers siècles de la République.
Née au Ve siècle avant J.-C., la République romaine va mettre deux siècles à conquérir toute la péninsule italienne, imposant son gouvernement aux Voques, aux Eques, aux Latins, aux Etrusques, aux Samnites enfin. Un dernier affrontement avec la Grande Grèce, qui avait des comptoirs au sud de la péninsule, allait achever sa conquête et ouvrir des horizons nouveaux aux Romains. Des horizons qui passent par le contrôle du détroit de Messine et qui allait entraîner un conflit avec une cité au moins aussi ambitieuse que Rome : Carthage. Trois guerres, dites guerres puniques, allaient marquer la seconde moitié du IIIe siècle avant J.-C. Et la première moitié du IIe. Carthage détruite, la Méditerranée s’ouvrait aux désirs expansionniste de Rome… avec un corolaire : l’agrandissement de l’Ager publicus.
L’Ager publicus était, dans la définition, les terres appartenant à l’Etat romain, non aux particuliers. Or, ces terres étaient désormais immenses. Et il suffisait aux membres de la noblesse de payer un impôt pour se les accaparer. Rien de mal en soi, sauf que, dans le même temps, les petits propriétaires risquaient de tout perdre. Embarqués durant plusieurs années dans les rangs de l’armée, conduits à des centaines de kilomètres de leurs domaines, ils les retrouvaient généralement en bien mauvais état, voir quasi abandonnés à leur retour.

Destruction de Pompéi

Quelques jours auparavant déjà, un léger tremblement de terre avait secoué la ville et fissuré les murs. Mais les habitants de Pompéi, sourds à la colère du volcan, sont restés dans leur ville. Le 24 juin, le Vésuve entre en éruption. Des blocs de lave retombent sur la campagne et dans la mer. Le forum, le grand théâtre, les piscines sont envahis à leur tour et bientôt la ville est couverte d’une épaisse couche de cendres. Les habitants fuient le lieu du désastre, mais ce n’est pas fini. Le 25 juin 91, en pleine nuit, le Vésuve fait à nouveau éruption et cette fois-ci, c’est un nuage de gaz et de cendres à sept cent cinquante degrés environ qui asphyxie et change en pierre les habitants qui n’ont pas fui assez loin.
Pompéi se couvre de cendres, gardant, pour des siècles, l’image de la beauté et de l’horreur qu’elle a subie.