Zeus olympien

Reconstitution par la gravure de la statue de Zeus dans le temple d'Olympie.
Reconstitution par la gravure de la statue de Zeus dans le temple d’Olympie.

Les Antiques, notamment les Grecs, avaient une assez haute opinion de leur monde et de leur savoir-faire. Sans doute est-ce ce qui les conduisit à désigner sept monuments, sept œuvres d’art, supérieures aux autres en grandeur et en magnificence.  Des chefs-d’œuvre qui, dès l’époque de Strabon, géographe du Ier siècle avant J.-C., furent connus sous le nom d’Orbis miracula : les Merveilles du monde, devenues les Sept Merveilles du monde. Parmi elles : le temple de Zeus olympien
Le site d’Olympie est un des plus célèbres de la Grèce : sanctuaire plutôt que ville, il était originellement consacré au culte de Gaïa, la Terre, et d’Héra, jusqu’à ce que le culte de Zeus (Jupiter chez les Romains) prédomine, au moins depuis le VIIIe siècle avant J.-C..
Zeus, rapporte le voyageur Lucien Augé, y avait, dit-on, combattu Cronos, qui lui disputait l’empire du monde, et c’était en commémoration de cette victoire de son père qu’Hercule avait institué les jeux solennels. Plus tard, Zeus lui-même confirma la consécration de cette terre et, frappant le sol de la foudre, il y fit une brèche. Parfois, de cet antre béant, s’échappait une voix qui chantait des oracles redoutés.
 

Antipater ou la fin de l’empire d’Alexandre

Médaille d'Alexandre le Grand.
Médaille d’Alexandre le Grand.

Contrairement à une idée répandue, la mort d’Alexandre le Grand n’avait pas signifié la fin de son empire. Prévoyant, tout entier tourné vers ses conquêtes, le Macédonien avait depuis longtemps prévu une forme de régence. La première d’entre elles, la plus ancienne, celle de la Macédoine, avait été confiée à Antipater, un valeureux lieutenant de Philippe, le père du Conquérant. Dès 334 avant J.-C., soit dès le début de l’expédition d’Alexandre en Asie, c’est lui qui assurera le gouvernement effectif du royaume. Cette régence, en quelque sorte, va d’ailleurs révéler immédiatement sa raison d’être, Sparte et la Thrace profitant de l’absence du souverain pour se rebeller. Des rébellions qu’Antipater s’empressera d’étouffer, confirmant par son action la confiance qu’Alexandre avait placé en sa personne. Ecarté pendant un temps suite aux intrigues d’Olympias, la mère du Conquérant, Antipater retrouvera sa place et son rôle… à la mort d’Alexandre (323 avant J.-C.) ! De fait, la situation était critique et la Macédoine, comme l’empire d’Alexandre, avait un besoin vital d’unité ou du moins d’unité affichée. De fait, Antipater saura admirablement incarner cette unité, luttant efficacement contre Athènes, contre Lamia ou contre toute autre ville affichant quelque velléité d’indépendance. Grâce à lui, l’empire d’Alexandre devait survivre à Alexandre… il ne se disloquera qu’en 319 avant J.-C., soit à la mort d’Antipater.

Chypre, le berceau d’Aphrodite

Médaille antique de Vénus-Uranie.
Médaille antique de Vénus-Uranie.

"Cypris" ou Aphrodite : tel est le nom de ce joyau de la Méditerranée. Un joyau de pierres qui, dès l’Antiquité et parce qu’elle se situe au cœur d’un intense échange commercial, devint un joyau des plus prisé. Colonisée successivement par les Phéniciens (vers 1500 avant J.-C.) puis par les Grecs (vers 1000 avant J.-C.), elle subit la domination assyrienne avant de revenir aux Phéniciens puis de passée à l’Egypte et enfin à l’empire perse. Des conquêtes et des dominations successives qui allaient lui permettre de conserver une relative autonomie, au point de sortir, vers 400 avant J.-C., de ces temps de soumission officielle, à un intense rayonnement. Les cités les plus importantes étaient alors Amathonte, Paphos et Idalie, toutes trois consacrées à la déesse Aphrodite qui serait venue y parfaire sa beauté avant de faire son entrée dans l’Olympe. Au début du IVe siècle avant J.-C., Chypre était donc indépendante, jusqu’à ce qu’elle soit intégrée à l’empire d’Alexandre. A la mort de ce dernier, elle sera d’ailleurs vivement disputée par les "héritiers" du Conquérant, qu’ils soient de Syrie ou d’Egypte. Finalement, c’est Caton, le Romain, qui s’en emparera et en fera, en 58 avant J.-C., une province romaine.

Tibère : un règne contesté

Beau-fils et gendre d’Auguste, Tiberius Claudius Nero était un homme sérieux, épris de littérature et de philosophie, mais aussi un général courageux et populaire. Quand il succède enfin à Auguste, en 14 après J.-C., il a cinquante-six ans.
Tibère apparaît alors comme un homme lucide, intelligent, qui tente par tous les moyens de maintenir l’œuvre d’Auguste. Sous son règne, Rome devient florissante, les finances sont surveillées et la justice rendue équitablement.
En 26, dégoûté par les incessantes intrigues de palais, Tibère se retire sur l’île de Capri. De là, il ordonne, selon la légende noire léguée par Tacite et Suétone, les meurtres de ses familiers. N’est-ce qu’une légende ?

Hatchepsout, « pharaon » d’Egypte

Hatchepsout, d'après une statue antique.
Hatchepsout, d’après une statue antique.

Hatchepsout. Ce nom ne vous est pas inconnu ? Rien de plus normal, il circule sur toutes les ondes. En effet, sa momie vient d’être retrouvée et identifiée dans les sous-sols même du musée du Caire. Une momie de plus ? Peut-être, mais il s’agit de la momie d’une reine devenue pharaon. D’une souveraine du XVe siècle avant J.-C. qui su gouverner avec le désir de faire prospérer son pays, de favoriser le commerce, notamment vers le riche pays du Pount –situé sur les rives arabe et africaine de la Mer rouge. Une souveraine qui désira marquer les mémoires par une politique artistique et architecturale d’envergure, comme le rappel le temple de Deir el-Bahari. Une souveraine enfin dont el nom sera systématiquement effacé des listes royales, rayé de tous les monuments par son successeur, Thoutmôsis III. D’où provenait cet acharnement, cette haine qui poursuivra la reine-pharaon jusqu’après sa mort ? De sa prise de pouvoir, de son usurpation diront certains. Mais d’usurpation, il n’y en eut jamais, Hatchepsout étant la reine légitime.

Le code Justinien

Mosaïque représentant l'empereur Justinien.
Mosaïque représentant l’empereur Justinien.

Constantinople, 16 novembre 534. Ce jour-là, la seconde édition du Code de l’empereur Justinien est publiée. L’empereur a ainsi achevé son œuvre de remise en ordre du droit romain dans son ensemble.
Monarque orgueilleux, despotique même, Justinien (527-565) est obsédé par le concept de l’unité romaine et son règne marque le dernier effort réel pour la reconstitution de l’Empire romain dans son intégralité institutionnelle, territoriale ou ecclésiastique.
L’œuvre principale de Justinien est le Code de droit romain élaboré par les jurisconsultes Tribonien et Théophile. Commencé dès 528, il rassemble les constitutions anciennes, promulguées au temps de la République ainsi que les nouvelles édictées par les empereurs. Le Code Justinien, qui contient quatre mille sept cents articles, divisés en douze livres, est le fondement du droit civil moderne.

Serfs et servage dans l’Antiquité

Médaille d'esclave grec ou romain.
Médaille d’esclave grec ou romain.

C’est bien à tort que l’on assimile le mot de servage ou de serf avec le Moyen Âge. C’est à tort également qu’on le confond avec l’esclavage. De fait, le servage est une condition intermédiaire entre l’esclave et l’homme libre. Certes, le serf n’est pas son propre maître et dépend d’un autre homme, mais il jouit d’une certaine protection légale, quant l’esclave n’est rien de plus que l’équivalent d’un meuble ou d’un animal.
La Grèce antique offre plusieurs exemples de servage. Le plus connu est le cas des hilotes de Sparte. Appelés à cultiver la terre, les hilotes n’avaient en principe aucun droit ni aucune liberté. Dans les faits cependant, ils étaient parfaitement libres de cultiver comme bon leur semblait, pouvaient améliorer leur condition de vie et même acheter leur affranchissement, le tout moyennant une redevance fixe.
Sous les Ptolémées et les Séleucides, le servage était également monnaie courante, notamment du au fait que les Grecs préféraient imposer une sujétion héréditaire plutôt que de réduire en esclavage. Une sujétion qui impliquait également l’attachement à la terre. Cette institution orientale semble avoir été le socle du "colonat" des Romains, qui devait se répandre au IIe et IIIe siècles de notre ère.

Babylone, « la perle des royaumes »

Un amas de pierres dans le désert irakien : voilà tout ce qui reste de l’antique Babylone. Mais la cité mythique, chantée par les Grecs, condamnée par la Bible et où mourut le plus grand conquérant de tous les temps, Alexandre le Grand, revit à travers l’histoire, véridique ou parfois légendaire, de ses rois et de ses reines.
Indispensables « outils » de l’histoire, les archéologues, depuis un siècle et demi, tentent d’arracher au sable du désert les derniers vestiges de cette cité, placée au-dessus de toutes les autres.

La religion celte : de Bélénos à la tribu de Dana

Bien qu’il se limite actuellement à la Bretagne, à la Grande-Bretagne, à l’Irlande, à la Galice et à l’île de Man, le monde celtique était beaucoup plus étendu au début de notre ère et recouvrait aussi la Gaule, la Belgique et une grande partie de l’Allemagne et de l’Espagne. Après l’adoption du christianisme comme religion officielle de Rome, les cultes et les mythologies celtiques commencèrent à décliner.
Au Ve siècle, seul le Pays de Galles et l’Irlande conservaient encore le souvenir de la culture et des légendes celtes. Au Pays de Galles, où on se méfiait des écrits, le souvenir était entretenu dans les mémoires mais, en Irlande, les premiers moines missionnaires s’astreignirent, dès cette époque, à coucher sur le papier un nombre étonnant de légendes et de mythes. Cet effort de conservation, unique dans le monde celte, explique que l’on assimile aisément la « celtitude » à la mythologie irlandaise. Cet aspect réducteur n’est pourtant qu’une apparence. En effet, si les légendes et certains cycles mythologiques sont incontestablement de sources typiquement irlandaises, la religion était la même pour tout le monde celtique. Une religion étroitement liée à la nature et dont les divinités ne sont pas sans rappeler, par bien des côtés, celles de la mythologie scandinave.

Darius Ier le Grand

Darius Ier le Grand (mort en 486 avant J.-C.). Dessin réalisé d'après un bas-relief.
Darius Ier le Grand (mort en 486 avant J.-C.). Dessin réalisé d’après un bas-relief.

Membre de la garde royale de Cambyse, fils d’un satrape –un gouverneur de province- de Parthie, Darius devra à un  coup du sort –qu’il prétendra guidé par les dieux- de prendre la succession du souverain achéménide. En révolte contre le successeur de Cambyse, il s’associe avec sept autres jeunes nobles, défait le pseudo usurpateur, laissant à l’hippomancie –la divination par les chevaux- le choix du nouveau souverain. Grâce aux dieux, le cheval de Darius sera le premier à hennir, faisant de lui le successeur des Achéménides (521 avant J.-C.). Il faudra pourtant pas moins de deux ans au représentant des dieux pour convaincre son  peuple, deux années au cours desquelles les révoltes se multiplieront, deux années au cours desquelles Darius Ier livrera pas moins de dix-neuf batailles contre ses détracteurs. La légende qu’il forgera faisant de lui un Achéménide et donc l’héritier naturel de Cambyse n’y changera rien, l’ensemble des gouverneurs perses ne pouvant que constater sa prise de pouvoir, son  coup d’Etat.