Du sang pour les dieux

Un guerrier celte, d'après une iconographie du XIXe siècle.
Un guerrier celte, d’après une iconographie du XIXe siècle.

Récemment, le film de Mel Gibson, Apocalypto, a relancé la polémique sur l’existence de sacrifices humains en Amérique centrale. Une polémique totalement stérile car faussée, les partisans de nier cette réalité historique avançant l’idée que c’était rabaisser la civilisation maya que d’affirmer une telle chose. C’est oublier que les sacrifices humains ont été le lot de toutes les civilisations européennes ! A-t-on oublié l’épisode d’Iphigénie, sacrifiée par son père Agammemnon pour obtenir des dieux un vent favorable ? Les chroniques racontent également qu’en Irlande saint Patrick aurait renversé une «  idole » sur laquelle on sacrifiait des nouveaux-nés. D’ailleurs, toujours selon les textes anciens, les Irlandais ne buvaient-ils pas du sang dans des crânes humains ? Un  acte que pratiquaient aussi les Lombards, les Germains et certaines tribus du lointain Ukraine. Tite-Live et Diodore de Sicile évoquent à leur tour la «  chasse aux tête » et rapportent que le général Posthumus –au nom prédestiné- finit… comme coupe de cérémonie. Ainsi les dieux garantissaient-ils la paix aux vainqueurs.

Les petits chimistes de l’Egypte antique

Tête d'une momie conservée au Louvre.
Tête d’une momie conservée au Louvre.

Curieusement, le monde moderne dans lequel nous vivons a toujours quelques difficultés à reconnaître aux peuples antiques les mêmes dons, l’intérêt pour les mêmes sciences. De fait, s’il est une science moderne par excellence, c’est bien la chimie, dont on date généralement l’acte de naissance au XVIIe-XVIIIe siècle. Un faux, naturellement… En fait, c’est sans doute du XVIIIe siècle avant J.-C. qu’il faudrait dater cette science, pour ne pas dire plus…
Selon Guy Rachet, le mot même de chimie pourrait venir du nom de l’Egypte, nommée Kémi. Fort développée à Alexandrie, elle n’est était cependant plus à un stade expérimentale : le mélange des métaux, la fabrication des parfums ou des onguents étaient déjà des pratiques courantes, sans parler de la coutume de la momification qui n’est rien d’autre qu’une application de principes chimiques. Une coutume qui va évoluer au fil du temps, au fil des connaissances et des découvertes dans le domaine de la chimie, tout simplement.

Claude Galien, dit “le doux”

Galien, d'après une gravure du Moyen Âge.
Galien, d’après une gravure du Moyen Âge.

Sans doute n’est-ce pas sans raison que ce fils d’architecte, né à Pergame vers 131, a acquis le surnom de "Galénos", "le doux". Philosophe disciple de l’aristotélisme, il trouve finalement sa vocation dans l’exercice et l’étude de la médecine. De fait, Claude Galien ne va cesser de se perfectionner, allant de pays en pays, de ville en ville. A Alexandrie, il étudie l’anatomie, puis à Pergame, où il séjourne de 158 à 162, il se fait médecin des gladiateurs. L’année suivante, c’est à Rome qu’il exerce ses talents : ses cures, son  enseignement sont si réputés qu’il devient le médecin personnel de plusieurs empereurs : Marc-Aurèle, Vérus et Commode. Ce n’est qu’à la fin de sa vie qu’il retournera dans sa ville natale, Pergame, où il mourra vers 200.
L’œuvre de Galien est immense à plus d’un titre. Car s’il était un médecin de talent, le plus grand de toute l’antiquité après Hippocrate, il était également un philosophe et c’est ainsi qu’il faut comprendre sa théories des quatre humeurs -sang, bile, pituite et atrabiles- qui, mélangées en diverses proportions fondaient les tempéraments. Commentateur d’Hippocrate -son maître en médecine et en célébrité-, il se fera le transmetteur des savoirs antiques, dont il fera une synthèse précieuse. Enfin, c’est sur l’anatomie qu’il fera le plus de découvertes, ouvrant la voie à de nouvelles recherches, à de nouveaux découvreurs.

Saint Léon le Grand, face aux Barbares

Icône de saint Léon le Grand.
Icône de saint Léon le Grand.

Ce Romain pur souche, fils d’un certain Quintinianus, participera, sous le pontificat de Célestin aux luttes dogmatiques qui agitent le temps, notamment, le pélagianisme, qui exaltait la nature et la volonté humaine. Il sera élu pape alors qu’il effectuait une mission diplomatique en Gaule et sera sacré le 29 septembre 440. Plus tard, il aura l’occasion de se distinguer encore contre le manichéisme et le pélagianisme et dans certaines controverses. Mais ce n’est pas tant sur le plan théologique que Léon Ier, dit le Grand, va marquer son époque. Plus que tout autre, il sera le pape qui va réaffrimer -voir affirmer- le pouvoir papal. Un pouvoir qui sera reconnu au concile de Chalcédoine (451) où l’exposé de sa doctrine, présente dans le "Tome à Flavien" sera accueilli au cris de : "Pierre a parlé par la voix de Léon !"
De fait, Léon le Grand aura toute possibilité de montrer le pouvoir du pape. Dans les controverses orientales -encore et toujours- mais également face aux Barbares qui envahissent l’Occident. Et cette position, il va l’assumer pleinement, dans les actes. En 452, lors de l’invasion des Huns, c’est Léon lui-même qui se présente devant Attila et qui le convainc d’épargner Rome -contre paiement d’un tribu annuel, tout de même. E, 455, c’est lui encore qui parlemente avec le Vandale Genséric. Moins heureux qu’avec Attila, il obtiendra malgré tout que les sévices des Vandales, qui venaient de prendre Rome, soient limités. Autant d’actions qui, sans être des actes d’éclat, montraient sa volonté d’être l’ultime rempart de l’Occident face aux Barbares.

Marseille, cité provençale

Fondée par les Grecs au VIe siècle avant J.-C., Marseille devient l’un des foyers du commerce méditerranéen durant l’Antiquité et un centre de rayonnement de la culture grecque et romaine en Gaule. Les invasions des barbares (Francs, Wisigoths ou Burgondes) et la menace des Sarrasins réduisent pendant quelques temps son rôle commercial mais, dès la première croisade, la cité phocéenne retrouve toute sa grandeur. Autonome, dirigée par des consuls, fière de son indépendance, elle forme une sorte d’enclave « républicaine » à l’intérieur des terres provençales,

Le phare d’Alexandrie

Maquette du phare d'Alexandrie, tel qu'il devait être à l'époque antique.
Maquette du phare d’Alexandrie, tel qu’il devait être à l’époque antique.

Simple village de pêcheur à l’origine, Alexandrie, en Basse-Égypte, fut fondée en 332-331 avant J.-C. par Alexandre le Grand. À la mort du conquérant, les Ptolémées lui succédèrent sur le trône égyptien et établirent leur capitale à Alexandrie, qui prit dès lors un essor considérable. Véritable plaque tournante du commerce entre Orient et Occident, Alexandrie, ville créée de toutes pièces, offrait la réalisation la plus moderne de l’urbanisme antique. Outre le mausolée d’Alexandre le Grand, la Bibliothèque, qui allait en faire un des haut-lieux de la culture hellénistique, le grand théâtre, le Sérapéion, ou temple de Sérapis, celui de Poséïdon, le musée et les palais des Ptolémées, la ville était dotée de deux ports, afin de répondre à sa vocation commerciale. Mais l’entrée de ces ports était des plus risquées. Pour remédier à ce danger, Ptolémée II Philadelphe décida, en 285 avant J.-C., de relier la ville à une petite île, Pharos (ce qui nécessita l’édification d’une digue de 1300 mètres), et d’y faire construire une tour de marbre blanc, haute de 130 mètres, au sommet de laquelle on entretenait des feux pendant la nuit pour guider les navires : ce fut le premier phare, mot qui vient de l’île de Pharos.

L’homme à la serpe d’or

Druides gaulois, dont l'un porte une serpe et l'autre un bâton sacerdotal.
Druides gaulois, dont l’un porte une serpe et l’autre un bâton sacerdotal.

L’image du druide vêtu d’une longue toge, portant barbe blanche et suspendu à un chêne avec une serpe d’or tient plus du mythe ; un mythe allégrement repris par les mouvements néo-druidiques depuis le XVIIIe siècle puis par les dessinateurs de bandes dessinées du XXe siècle.
Les druides étaient peut-être vêtus d’une sorte de toge mais ils possédaient également nombre d’autres signes distinctifs, découverts au cours de fouilles archéologiques. Ils portaient sans doute une coiffe ou un bandeau, en bronze généralement, ainsi qu’une torque, signe de supériorité que l’on retrouve chez les chefs ou les représentations des dieux. Durant les rituels, ils portaient un sceptre ou un bâton sacerdotal et Pline parle d’un « œuf de druide », en pierre, qui leur permettait d’acquérir une plus grande éloquence. Quand à la serpe, s’ils en avaient une, elle n’était certainement pas d’or, qui est un métal trop mou, mais de bronze. Pour finir, il faut les voir avant tout comme des maîtres -dans le sens d’enseignants-, des médecins et comme les gardiens de la mémoire que comme des sorciers adeptes de la fabrication des potions.

Ostie : “Rome-sur-Mer”

Carte représentant Ostie et ses environs (XVIe siècle).
Carte représentant Ostie et ses environs (XVIe siècle).

La légende veut que ce soit Ancus Martius (640-616 avant J.-C.), petit-fils de Numa Pompilius, souverain d’origine sabine de Rome, le second sur la liste des rois légendaires, qui eut l’idée de fonder le port d’Ostie. Situé à l’embouchure du Tibre, il devait doter Rome d’une nécessaire ouverture vers la mer. Ostie, qui est aussi la plus ancienne colonie romaine connue, devait d’abord servir exclusivement de port militaire mais, rapidement, la notion commerciale allait prédominer. Ruinée par Marius, Ostie devait être relevée par Sylla mais les ingénieurs romains allaient avoir toutes les peines du monde à lutter contre l’ensablement. Les empereurs Claude et Trajan feront construire deux autres ports au nord de l’embouchure du Tibre.

A son apogée, aux Ier et IIe siècles après J.-C., Ostie comptait pas moins de 80 000 habitants et faisait office de principal entrepôt de l’Italie. D’Ostie à l’Afrique du Nord, il fallait seulement deux jours de navigation ; trois jours pour atteindre Marseille ou Fréjus ; quatre pour atteindre l’Espagne, à Tarragone, dix jours pour Cadix ; quant aux côtes d’Orient, il ne fallait guère que dix jours, si le vent était favorable, pour toucher le port d’Alexandrie, dix-huit en cas de vent faible.

Marc-Aurèle, l’empereur-philosophe

Issu d’une illustre famille d’origine espagnole, Marc Aurèle est, dès son plus jeune âge, profondément marqué par la philosophie stoïcienne qu’il pratiquera toute sa vie. Nommé préfet de Rome par Hadrien, il est adopté par l’empereur Antonin dont il épouse la fille, Faustine. À la mort d’Antonin, en 161, il gouverne conjointement avec Lucius Vérus, son beau-frère, puis reste seul empereur à la mort de ce dernier en 169.

Titus le Bon

Buste de l'empereur Titus (39-81).
Buste de l’empereur Titus (39-81).

Néron, Caligula, Galba : les fous et les monstres se succédaient à la tête de l’Empire quand l’accession au trône de Titus apporte un immense soulagement au peuple romain.
Fils de l’empereur Vespasien, vainqueur en Bretagne, en Germanie et, surtout, en Judée, où il avait rencontré la célèbre reine Bérénice, Titus était déjà associé au pouvoir quand, en 79, il devient empereur. Adoré par ses armées, il sera bientôt acclamé par tout son peuple.