Georges de la Tour, « maître de la lumière »

Georges de la Tour (1593-1652) 'le Tricheur à l'as de trèfle'
Georges de la Tour (1593-1652) "le Tricheur à l’as de trèfle"

Au sommet de sa gloire, le peintre lorrain Georges de la Tour, surnommé le « maître de la lumière », se rend à Paris en 1636, où il est reçu avec des égards princiers. Il est même accueilli à la cour de Louis XIII qui lui accorde une rente de mille livres et le nomme « peintre ordinaire du roi ». Une légende raconte même que le roi, qui vient d’acquérir Saint Sébastien soigné par Irène, « trouva le tableau si beau qu’il enleva de sa chambre toutes les toiles qui s’y trouvaient afin de donner plus d’éclat solitaire au tableau du peintre ». Richelieu lui-même, grand amateur de peinture et « fort bon connaisseur en ce domaine », succombe au charme de de la Tour et achète, lui aussi et à prix d’or, deux tableaux d’inspiration religieuse.
À son retour à Lunéville, en 1644, « on lui donne du Monsieur », dit un document et on le qualifie de « peintre fameux ».

Callot, la gravure érigée au rang d’art

Callot
Callot "croque" la noblesse.

Fils d’un gentilhomme de la maison de Lorraine, Jacques Callot devait fuir sa famille à l’âge précoce de douze ans parce que cette dernière s’opposait à sa vocation artistique. C’est en suivant une troupe de bohémiens qu’il gagne alors l’Italie où il se forme à l’école de Jules Parigi et de Philipe Thomassin. Dürer, Lukas von Leiden, les plus grands graveurs du nord, seront également ses inspirateurs et il acquiert une telle technique qu’il se fait remarquer par Cosme II de Médicis, qui devient son mécène.
A la mort de son protecteur, en 1621, Jacques Callot décide de rentrer en Lorraine où le duc Henri de Lorraine lui assure une pension. Mille six cents pièces composent l’œuvre immense de Callot qui, outre les scènes guerrières, comme la prise de La Rochelle, excellera à peindre des sujets grotesques, à caricaturer les vices de l’époque, tout en laissant une place non négligeable pour la représentation de la vie quotidienne. Profondément attaché à sa ville natale, Nancy, il refusera toujours de représenter sa prise, en 1633, par les troupes de Louis XIII. Au final, ses œuvres représentent un ensemble saisissant sur les mœurs et la vie de son époque et contribueront largement à faire de la gravure un art à part entière.

Les femmes aux temps des Lumières : art, sciences et littérature

Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné (1626-1696).
Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné (1626-1696).

Alors que l’on connaît les fameux salons pour leur préoccupation essentiellement politique, certains d’entre eux vont totalement les dédaigner préférant réserver toute leur attention aux arts… où l’on ne peut pas dire que les femmes eurent une place considérable.
Certes, on compte quelques exceptions, telles qu’Élisabeth-Claude Jacquet de la Guerre (v. 1660-1729), qualifiée par le Mercure galant de « merveille du XVIIe siècle », et qui s’illustre au clavecin au point d’attirer la bienveillance du roi lui-même ; comme Émilie d’Aubigny, dite la Maupin, et la Demoiselle Chantilly qui font leurs preuves dans le monde de l’opéra comique ; ou encore comme Madame Vigée-Lebrun, restée célèbre pour ses portraits de Marie-Antoinette et de ses enfants.

Palissy, “l’inventeur des rustiques figurines du roi”

Bernard Palissy (vers 1510-1590).
Bernard Palissy (vers 1510-1590).

Il faudra pas moins de seize années à ce verrier pour découvrir le secret de la faïence émaillée. Né dans le Lot-et-Garonne vers 1510, Bernard Palissy s’établit vers 1538 à Saintes, après une dizaine d’années d’errance. C’est à ce moment que commence sa quête, sans doute après avoir vu une coupe de faïence émaillée d’origine italienne. Il se livra aux recherches les plus décourageantes allant, dit la légende, jusqu’à brûler ses meubles et le plancher de sa maison pour alimenter son four.
En 1557, il touche enfin au but et sa fortune commence. Car les poteries rustiques de Palissy sont immédiatement recherchées par les grands seigneurs. Catherine de Médicis devient même sa protectrice : en 1562, alors qu’il est interné comme protestant, elle le fait libérer et lui accorde le titre "d’inventeur des rustiques figurines du roi". Etabli à Paris en 1564, a son atelier au Louvre ; on lui demande d’orner de "grottes rustiques" les château d’Ecouen, possession des Montmorency, puis les Tuileries.

L’art mystérieux de la préhistoire

De 25000 à 10000 avant J.-C., l’Europe, et plus particulièrement la France, va connaître une période de floraison artistique, où la peinture, le dessin, la sculpture acquièrent leurs premières lettres de noblesse.C’est à Laugerie-Basse, en 1864, que fut découverte la première statuette de femme, à qui l’on donna le nom de « Vénus impudique ». Depuis, plus d’une vingtaine de ces Vénus, sculptées dans des matériaux divers, ont été retrouvées : à Grimaldi, la Vénus dite « le losange » est en stéatite verte, celle de Tursac provient d’un galet de calcite, la Vénus à la corne est en bas-relief, quant à la Dame à la capuche, la seule sur laquelle apparaissent les traits du visage, elle est en ivoire.
Toutes ces Vénus datent de 25000 à 20000 avant J.-C. et la majorité d’entre elles révèle une femme aux hanches larges, au ventre souvent gonflé, ce qui permet de supposer qu’il s’agissait-là d’une évocation de la femme enceinte ou d’un hymne à la fécondité.
Source d’inspiration des temps anciens, la femme ne va pas garder bien longtemps ce monopole : les scènes de chasse, les animaux ornent désormais seuls le fond des cavernes.

Le talon d’Achille

Achille d'après une peinture murale.
Achille d’après une peinture murale.

De tous les héros grecs, Achille est sans nul doute le plus connu. Pourtant, pour beaucoup, son nom n’évoque rien d’autre qu’une banale histoire de talon…
Tout à commencer lorsque Zeus et Poséidon tombèrent amoureux de la néréide Thétis. La divinité marine était belle à en faire perdre la raison et les deux frères étaient prêts à en venir aux mains pour savoir qui aurait droit à ses faveurs quand Prométhée intervint. Le malheureux titan, qui subissait depuis des temps immémoriaux le supplice de voir son foie dévoré chaque jour par l’aigle de Zeus, convoqua donc Zeus et son frère et leur révéla que le fils de Thétis serait plus grand que son père… refroidissant ainsi sérieusement les ardeurs des dieux ! Zeus et Poséidon étaient prévenus mais si Thétis s’unissait à n’importe quel autre dieu, la concurrence risquait d’être des plus rude : Zeus décida donc de donner Thétis en mariage à un mortel.

Verrochio : l’orfèvre inconnu

Le David de Verrochio (bronze).
Le David de Verrochio (bronze).

On pourrait dire que cet artiste est un inconnu à double titre : son nom n’est pas le sien réellement et, outre la peinture et la sculpture auxquelles son nom est attaché pour l’éternité, le commun ignore son premier métier.
De fait, Andréa di Michele di Francesco Cioni était orfèvre. Et c’est en référence à son maître en orfèvrerie qu’il prendra le nom d’Andréa del Verrochio. De cette époque, il ne reste guère de trace ; tout juste un bas-relief représentant la Décollation de saint Jean-Baptiste pour l’autel d’une église de Florence.
Verrochio est donc plus connu comme peintre. Et encore, les œuvres que l’on peut lui attribuer avec certitudes sont tout juste au nombre de deux. La Madone de la cathédrale de Pistoia sera exécutée avec son élève, Lorenzo di Credi ; et le Baptême du Christ, actuellement conservé au musée des Offices, à Florence, verra la « patte » de Léonard de Vinci qui exécutera les deux anges du tableau.

Watteau et l’art de l’insouciance

Désigné comme le « peintre des Fêtes galantes », Antoine Watteau incarne sans conteste la société frivole et insouciante de son époque ; la figure féminine représentative de tous ses tableaux, portant une robe aux larges plis ainsi qu’une coiffure relevée mais retombant sur le visage, restera très longtemps après sa mort, la référence en matière de mode féminine. Né à Valenciennes en 1684, Watteau se consacre très jeune à la peinture. À Paris, il effectue des débuts difficiles. Grâce à des maîtres comme Gillot et Audran ainsi qu’à son généreux mécène, le banquier Pierre Crozat, il s’initie à la peinture des grands maîtres flamands et italiens.

La renaissance de la mosaïque

>Le Christ, d'après une mosaïque de style byzantin.
Le Christ, d’après une mosaïque de style byzantin.

Jusqu’à la naissance de l’art chrétien, la mosaïque n’est qu’une simple technique décorative qui permet de recopier des tableaux dans un matériau peu fragile, afin de décorer pergolas et tombeaux de l’Antiquité. Ce sont les Byzantins qui en font un art.
Constantinople ayant été complètement saccagée par une grande révolte en 532, Justinien fait somptueusement reconstruire sa capitale mais, au VIIIe siècle, les iconoclastes, opposés aux « images » qualifiées d’idoles païennes, enlèvent à Sainte-Sophie et aux autres églises de Constantinople toute la décoration figurative et, notamment, toutes les mosaïques.
C’est à Ravenne qu’elles subsistent, redonnant une image exacte et superbe de ce qu’était le premier âge de la mosaïque byzantine. L’impératrice-régente Théodora, veuve de l’empereur Théophile et mère de Michel III l’Ivrogne, rétablit le culte des images le 11 mars 843, date devenue depuis celle de la « fête de l’orthodoxie ».

Un brillant météore nommé Raphaël

Quand Rafaello Sanzio arrive à Florence le 19 avril 1504, il n’est qu’un jeune peintre provincial doué mais inconnu. Pendant quatre longues années, Raphaël va peindre de ravissantes Madones. En 1508, il se rend à Rome où le pape Jules II cherche des artistes pour décorer ses nouveaux appartements. Les cartons de ce jeune peintre obscur vont enthousiasmer à ce point Jules II que celui-ci confie à Raphaël la totalité du travail. Il s’agit d’un ensemble gigantesque de fresques.