L’imprimerie : de la Chine à Gutenberg

Un atelier d'imprimerie au XVIIIe (détail d'une gravure d'époque).
Un atelier d’imprimerie au XVIIIe (détail d’une gravure d’époque).

Dans l’histoire collective, l’imprimerie est évidemment le fait de Gutenberg. Pourtant, l’imprimerie apparaît en Chine des siècles avant le XVe siècle. On gravait alors un texte sur une planche de bois puis on appliquait un feuille de papier sur le texte encré. Dès le Xie siècle, les Chinois connaissaient les caractères mobiles mais leur usage demeurera marginal. C’est donc le premier procédé qui apparaît initialement en Occident au cours du Moyen Âge. Un procédé d’impression qui va se généraliser jusqu’à la mise en œuvre de l’imprimerie de Gutenberg. Au Xve siècle, Johannes Gensfleisch Gutenberg, originaire de Mayence et réfugié à Strasbourg, invente un nouveau procédé d’imprimerie. Il confectionne une matrice, la dote de caractères mobiles, d’encre et d’une presse à bras. L’imprimerie moderne est née. En 1455, Gutenberg, associé à Johann Fuchs achève sa fameuse Bible latine, dite "Bible de Gutenberg". Dès lors, l’imprimerie va connaître une progression rapide à travers toute l’Europe.

Les « commis-allumeurs » de Paris

Nicolas de La Reynie (1625-1709).
Nicolas de La Reynie (1625-1709).

Depuis 1667, Nicolas de La Reynie, lieutenant de police de Louis XIV, avait institué l’éclairage de Paris, afin, notamment, d’améliorer la sécurité.
Le service et l’entretien de l’éclairage public étaient confiés aux bourgeois de chaque quartier, élus tous les ans, que l’on nommait commis-allumeurs. Mais cette fonction, très contraignante, déplaisait fortement aux bourgeois qui tentaient de s’y soustraire par tous les moyens, comme le révèle un arrêt de police rendu le 3 septembre 1734 :

La Chambre ardente

Une Chambre ardente au XVIe siècle (gravure du XIXe siècle).
Une Chambre ardente au XVIe siècle (gravure du XIXe siècle).

Parce que le nom sonnait particulièrement bien concernant cette affaire sombre et sulfureuse des Poisons, on a tendance à penser que la Chambre ardente lui est spécifique. Il est vrai, en effet, que Louis XIV l’institua pour juger des actions de Madame de Brinvilliers et de La Voisin. Mais si dans l’Affaire des Poisons on lui a donné un autre nom, celui de Cour des Poisons, c’est bien pour la différencier des autres Chambres ardentes. De fait, ce terme servait à désigner des « cours de justice extraordinaires investies afin de juger de faits d’exceptions ». Des jugements qui sont souverains et exécutés immédiatement.
Il y a donc bien, non pas une Chambre ardente, mais des Chambres ardentes, parmi lesquelles on compte les commissions érigées dans chaque parlement afin de punir les hérétiques, en 1535 ; ou encore la Chambre qui, sous la Régence, vérifiera les comptes des fermiers généraux ou jugera des opérations de Law.
Tendues de noir, éclairées, y compris le jour, de flambeaux, ce n’est qu’à cette petite mise en scène qu’elles doivent leur nom…

Les lettres de cachet : le mythe et la réalité

Arrivée d'un prisonnier à la Bastille (détail d'une gravure du XIXe siècle).
Arrivée d’un prisonnier à la Bastille (détail d’une gravure du XIXe siècle).

Les lettres de cachet. Quatre mots qui sonnent comme une condamnation. Pourtant, à l’origine, les lettres de cachet n’étaient que des lettres… marquées du cachet du roi ; un cachet qui leur donnait tout pouvoir.
De fait, la sinistre réputation de ces lettres date du XVIIe siècle, notamment du règne de Louis XIV et de ses successeurs qui en usèrent et en abusèrent… pour le plus grand profit de quelques-uns. Non discutées parce que non discutables du fait du sceau du roi, les lettres de cachet allaient être le moyen de signifier à qui voulait bien les lire que la décision émise était irrévocable. Or, ces lettres se présentaient sous forme d’imprimé, dont il suffisait de remplir la date, le nom de la personne accusée et celui de la forteresse où il convenait de l’envoyer. On imagine sans peine les abus qui devaient -et qui allaient- en découler. Quelques hauts personnages de l’Etat, turbulents, devaient en pâtir. Mais pour beaucoup de nobles, c’était également un moyen de "mettre du plomb dans la tête" de quelque rejeton insupportable. D’ailleurs, la peine était minime, ne dépassant guère les huit à quinze jours de détention. Certains chefs de famille avaient d’ailleurs leurs lettres de cachet, dites de cachet privé, qui leur permettaient d’agir sans scandale et en assurant l’entretien de celui ou de celle qu’ils faisaient incarcérer. Mirabeau, grand séducteur, s’y soumettra… ainsi que quelques autres.

Création de l’administration des Douanes

Jean-Baptiste Colbert (1619-1693).
Jean-Baptiste Colbert (1619-1693).

Le système douanier de l’Ancien Régime était des plus complexes ; il existait alors, entre les différentes régions, d’innombrables droits : péages, droits de haut passage, d’entrée… Pour Colbert, toutes ces barrières intérieures entravent le négoce dans le royaume, mais malgré ses efforts, il ne parvient pas à les abolir complètement.
Le 5 novembre 1790, l’Assemblée constituante, reprenant le projet du « grand commis de l’État », supprime les divers droits de passage et crée l’administration des Douanes. Régie par un Code instauré en 1791, elle devient alors un organisme chargé de faire payer une taxe uniquement sur les marchandises qui franchissent les frontières terrestres et maritimes, ce qui constitue un énorme progrès par rapport à l’inextricable système de l’Ancien Régime.

Les « sauvageons » en prison !

Vue de la Bastille (gravure ancienne).
Vue de la Bastille (gravure ancienne).

Le 26 novembre 1639, une déclaration royale renforçait le « droit de correction » des parents, permettant à ces derniers d’envoyer leurs rejetons rebelles, récalcitrants ou débauchés en prison. Nul besoin, pour ce faire, de jugement : une simple lettre de cachet faisait l’affaire !
Voilà qui paraît bien excessif concernant des enfants… sauf que le terme « d’enfants » avait un tout autre sens au XVIIe siècle. Il désignait simplement toute personne mineure, la majorité n’étant alors acquise qu’à 25 ans ! Voilà de quoi donner une perspective nouvelle à cette ordonnance. Quant à l’inconduite des « enfants », elle concernait essentiellement ceux de la noblesse et de la grande bourgeoisie, de jeunes gens souvent inactif avant leur intégration dans un corps d’armée, avant une succession et qui, de fait, se lançaient volontiers dans des « aventures » peu avantageuses pour leur famille. C’est d’ailleurs ainsi que le célèbre marquis de Mirabeau, joueur invétéré, séducteur impénitent –généralement de femmes mariées- tâtera de la geôle ; pour éviter lui aussi cette infortune que le jeune La Fayette se rendra aux Amériques où il deviendra le héros que l’on sait. Quant à la Bastille, chacun sait que sa population, au jour de la prise de la prison en 1789, était essentiellement composée de jeunes nobliaux enfermés là par leurs parents. Un sort peu enviable, sans doute, mais bien peu traumatisant quand on sait les facilités auxquelles ils avaient droit lors de leur enfermement…

Le café en France

Le marquis de Lyonne, ministre des Affaires étrangères de Louis XIV, reçoit, le 19 novembre 1669, au palais de Versailles, l’ambassadeur ottoman et lui offre le café.
Peu connu à cette époque, le café, dont le nom turc kahwé vient de l’arabe qahwa, a d’abord été cultivé au sud-ouest de l’Éthiopie. Répandu dans le monde musulman dès le IXe siècle, il fait son apparition en Europe aux XVIe et XVIIe siècles.
Introduit en France en 1641, il est mis à la mode par l’ambassadeur turc et  l’Europe se met à raffoler du café.

Le jeune empire aztèque

Un guerrier aztèque.
Un guerrier aztèque.

Les Aztèques eux-mêmes prétendaient venir d’une île située au Nord-Ouest de la péninsule mexicaine : Aztlan. C’est de là qu’ils tiraient leur nom. Peuplade nahuas apparue entre le XIIe et le XIIIe siècles, les Aztèques font partie de ces peuplades qui succèdent à l’empire maya puis toltèque.  Les chichimèques, dont le nom signifie « barbares » et qui étaient également des nahuas, avaient installé leur capitale à Texcoco mais déjà, il apparaît qu’ils étaient présents à Mexico. La pyramide de Tenayuca, qui sera achevée par les Aztèques, offrait un panorama sur dix-neuf mètres et les sculptures de cent trente-huit serpents entouraient l’édifice.
Les peuples nahuas se partagent la vallée de Mexico et multiplient les nouvelles fondations de cités autant que les guerres. Les Aztèques, écrasés à la fin du XIIIe siècle, doivent quitter Chapultepec où ils s’étaient initialement installés et se réfugient dans les plaines marécageuses où ils fondent Tenochtitlan -actuelle Mexico. Le XVe siècle est, encore, un siècle de guerres de pouvoir et ce n’est que lorsque le souverain aztèque s’allie avec d’autres cités qu’il parvient à poser les bases de ce qui sera l’empire aztèque. Les guerriers de Tenochtitlan se rendent alors maîtres de la vallée de Mexico et étendent même leur domination vers des terres plus riches et plus prometteuses. Aux peuples soumis, ils se font verser un tribu, fait essentiellement de produits exotiques, comme des poteries Mixtèques ou les tissus du Tuxpan.

À l’ombre du dieu Bacchus

Lieux de vie et de rencontre, les tavernes parisiennes méritent que l’on raconte leur histoire. Des vendeurs « au pot » qui sillonnaient les rues, aux cabarets et hôtelleries de la fin de la monarchie, il y a là une petite histoire de Paris amusante et gaie, où l’on retrouve l’amour du vin qui caractérise les Français et qu’a su si bien décrire Robin Livio, un spécialiste averti des tavernes, des estaminets et des guinguettes.
Pendant de nombreux siècles, les gargotes, les buvettes, les caveaux et les « hostelleries » ne servaient qu’un vin médiocre, des bières fades ou quelques boissons qui ne brillaient guère par la délicatesse et la finesse de leur goût. Et ces débits de boisson mettront longtemps avant de se transformer en bonnes et belles auberges où le savoir-boire devient un art…

Ces « vipères » d’Iroquois

Un Iroquois (gravure ancienne).
Un Iroquois (gravure ancienne).

Mohawk, Oneida, Onondaga, Cayuga, Seneca et enfin Tuscarora. Ces noms ne vous disent rien ? Pourtant, ce sont ceux de la plus célèbre nation d’Indiens candiens : les Iroquois. L’Iroquois, ce farouche guerrier, cruel et hargneux ! L’Iroquois dont le nom –qui est en fait un surnom- signifie « langues de vipères » ! Charmant personnage, n’est-ce pas ? Pourtant, l’Iroquois est avant tout méconnu. La nation Iroquoise elle-même n’en est pas vraiment une…
Ce n’est qu’en 1570 que sera créée la Ligue des Cinq Nations –les Tuscarora ne rejoindront la Ligue qu’en 1712- afin de mettre un terme aux guerres intestines et d’opposer un front uni aux Hurons et, plus tard, aux Français. Gouvernée par un conseil de 50 sages –le sachem-, le Ligue des Cinq puis des Six Nations vaincra effectivement les Hurons, mais également les Pétuns, les Eriés ; elle repoussera les colons français et se perdra finalement dans le conflit indépendantiste américain. Pourtant, à l’origine, aucune des tribus iroquoises n’étaient foncièrement guerrières.
La chasse, la pèche, la cueillette, la culture du maïs, des haricots et des courge : voilà quelles étaient les préoccupations des ces hommes et de ces femmes.