Marignan : 1515 !

François Ier (1494-1547) armé chevalier par Bayard après la victoire de Marignan.
François Ier (1494-1547) armé chevalier par Bayard après la victoire de Marignan.

François Ier (1515-1547) a vingt ans quand il accède au trône de France. Comme ses prédécesseurs, il ne rêve que de conquérir l’Italie –il se dit héritier du Milanais par son arrière-grand-mère Valentine Visconti, et dès le début de son règne, il met ses troupes en marche. Face à lui, les Suisses, engagés par le pape Léon X et par le duc de Milan, gardent les passages menant au Piémont. L’armée du roi de France campe entre Milan et Marignan, quand elle voit apparaître les Suisses, en rangs serrés, la hallebarde basse et qui, malgré les percées meurtrières que font les boulets français dans leurs rangs, continuent d’avancer. Infatigables et  enragées, les deux armées se battent encore à la tombée de la nuit.

L’ordre de Saint-Louis

Statue de Louis XIV (dessin à la plume).
Statue de Louis XIV (dessin à la plume).

Le règne de Louis XIV semble avoir été une sorte de retour aux vraies valeurs de la féodalité qui ont permis l’édification du royaume. Combattant la fausse noblesse, tentant d’éradiquer les abus de celle acquise par lettres de cachet, il décide, le 9 avril 1693, de récompenser les mérites militaires en instituant l’ordre royal et militaire de Saint-Louis, ouvert à tout officier faisant « profession de la religion catholique, apostolique et romaine et qui a servi sur terre et sur mer … pendant dix années ».
Les conflits qui opposent le souverain à l’Europe donnent, d’ailleurs, bien des occasions d’acquérir cette distinction. L’ordre compte, à l’origine, huit grand-croix et vingt-quatre commandeurs. Seuls les princes de sang, les amiraux et les maréchaux de France acquièrent, de droit, le ruban rouge de chevalier de l’ordre de Saint-Louis.
Supprimé en 1792, il est rétabli sous la Restauration puis disparaît, en 1830, définitivement.

Louis le Bien Aimé, si mal nommé

Louis XV en compagnie de Madame du Barry (iconographie du XIXe siècle).
Louis XV en compagnie de Madame du Barry (iconographie du XIXe siècle).

Longtemps on craindra pour la santé du petit roi, arrière-petit-fils du Roi-Soleil, souverain à 5 ans. La Régence, exercée par le duc d’Orléans puis par celui de Bourbon, s’achèvera en 1743, avec la mort du dernier des « régents » du roi, le cardinal de Fleury. Dire que le souverain n’avait guère la tête à la politique est une évidence ; il n’aimait pas cela et préférait de beaucoup ses plaisirs –nombreux- aux affaires de l’Etat. Son premier acte de roi sera donc de se trouver un remplaçant, en la personne de son ancien précepteur, Fleury. Modéré, ce dernier rétablira les finances, donnera un nouvel essor à l’économie et au commerce extérieur ; pacifique, il fera le stricte minimum pour assurer un soutien au beau-père du roi dans le conflit successoral polonais. La mort de Fleury, cependant, allait pousser le roi à s’adonner à la chose politique malgré lui, ce qu’il fera en instituant notamment le « secret du roi », sorte de cabinet parallèle et intime au sein duquel il prendra toutes les décisions importantes. Un cabinet dans lequel les favorites, et notamment Madame de Pompadour, auront la part belle. Car si Louis XV était loin d’être stupide, il était, par ailleurs, fort influençable, d’où une politique versatile.

Les Mémoires de Saint-Simon : un brûlot contre la monarchie

Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon (1675-1755).
Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon (1675-1755).

Ennemi des Jésuites, des bâtards de Louis XIV et de ses ministres « bourgeois » comme Louvois ou bien Colbert, très attaché à son double titre de duc et pair du royaume de France et affligé, selon Voltaire qui l’admirait, « d’une nuque raide impropre à la condescendance et à la courtisanerie », Louis de Saint-Simon est sans aucun doute le mémorialiste le plus fécond, le plus aigu et aussi le plus amer de toute l’histoire littéraire française.
Extraordinaire portraitiste, doué d’une plume incisive, Saint-Simon a dépeint, avec un réalisme au vitriol, la société et la cour de Versailles, avec son lot de mesquineries, de lâchetés, de complots dérisoires et son étiquette absurde.

La journée des Abatis

Le Grand Condé (1621-1686), d'après une gravure ancienne.
Le Grand Condé (1621-1686), d’après une gravure ancienne.

Quand Louis XIII meurt, la France est plongée en pleine guerre de Trente Ans. Le sort du royaume est menacé quand la France découvre son dieu de la guerre : le duc d’Enghien. Il a déjà acquis une gloire éternelle à Rocroi quand, le 3 août 1743, il rejoint Turenne sous les murs de Fribourg-en-Brisgau.
L’art le plus habile et la plus heureuse disposition du terrain, note un  historien, semblaient protéger le camp des Bavarois. De hautes montagnes et un bois marécageux en formaient l’enceinte ; tous les abords en étaient garnis de redoutes et de palissades ; des postes nombreux couvraient les revers des hauteurs.
Enghien et Turenne se séparent, le premier se chargeant de l’attaque directe par les montagnes et le second de l’attaque par le flanc. Quand le duc d’Enghien suppose que le maréchal a atteint son but, il donne l’ordre du combat. Repoussé à deux reprises par les Allemands, le prince met pied à terre et, prenant la tête de ses troupes, lance une dernière fois la charge. Tous les volontaires se précipitent sur ses pas, les palissades sont franchies, les redoutes emportées, la ligne de défense brisée. Pour les Bavarois, c’est la journée des Abatis…

Catherine : la Grande dame de Russie

Catherine II, tsarine de Russie (1729-1796).
Catherine II, tsarine de Russie (1729-1796).

Saignez-moi de ma dernière goutte de sang allemand pour que je n’aie plus que du sang russe dans les veines, déclarait Sophie d’Anhalt-Zerbst, devenue Iekaterina Alexeïevna lors de son mariage avec Pierre III de Russie (1744). Et, assurément, il n’y eut pas plus russe que cette impératrice. Affublée d’un mari incapable, germanophile à tous crins, elle devait, à l’opposer, s’ingénier à tout connaître de sa patrie d’adoption -sa langue, son histoire, sa religion- jusqu’à prendre en ses mains propres le destin de ce pays. L’attitude de Pierre III avait vite eu raison de la patience des Russes, aussi est-ce tout naturellement vers son épouse, si empreinte de l’âme et des intérêts russes, qu’allaient se tourner tous les mécontents. Un an à peine après son accession au trône et alors que Pierre III songeait à répudier une épouse, avouons-le, fort volage, que Catherine tente le tout pour le tout. Aidée de ses amants, les frères Orlov, et de la garde, elle démet son époux, le fait emprisonner et s’empare du pouvoir. Un coup d’Etat tout en douceur et qui se soldera par l’abdication sans résistance de Pierre, lequel sera assassiné quelques jours plus tard.

Buckingham : pour les Normands

Georges Villiers, duc de Buckingham (1592-1628).
Georges Villiers, duc de Buckingham (1592-1628).

C’est en 1097 que Guillaume le Conquérant crée le titre de comte Buckingham -du nom d’une ville située au nord-ouest de Londres- afin de récompenser un de ses fidèles compagnons d’armes, Guatier Gifford, seigneur de Longueville. Normand de naissance, Gautier Gifford devient ainsi le premier comte de Buckingham, un titre qui sera conféré en 1377 par Edouard III à son fils avant qu’il ne devienne duc de Gloucester et qui passa par mariage à Humphrey Stafford, dans la famille duquel il resta jusqu’à l’exécution d’Edouard Stafford, favori renié d’Henri VIII en 1521. Or, les Stafford était d’origine normande, descendants de Robert de Tosny, lui aussi compagnon de Guillaume le Conquérant. Et étonnement, c’est encore pour un Normand que le titre devait être rétabli en 1617 par Jacques Ier Stuart pour récompenser son favori, Georges Villiers. Ce dernier sera élevé à la dignité ducale en 1623 puis créé lord amiral, fonction dans laquelle il s’enrichit de manière scandaleuse. Ambassadeur en Espagne où il devait négocier le mariage du prince de Galles avec l’infante, il fit échouer ce projet par son insolence et sa morgue et convint même le roi de déclarer la guerre à l’Espagne.

Le coup de Jarnac

Un rapide coup de rapière et Jarnac touche son adversaire au jarret : Vivonne s’effondre… mort.
Il aura suffi d’une simple botte pour que le duel du 10 juillet 1547 entre Guy de Chabot, seigneur de Jarnac, et François de Vivonne, seigneur de La Châtaigneraie, passe à la postérité. Suite à son  fameux « coup de Jarnac », Guy de Chabot peut rendre grâce à Dieu d’avoir vu sa cause reconnue. Ce coup d’éclat fera de lui un maître d’armes recherché.

La roue de torture

La justice, de tout temps, a utilisé diverses formes de supplices pour châtier les criminels. Au Moyen Âge, l’exposition au pilori, le fouet, la mutilation d’une oreille ou d’une main ou encore la pendaison, qui était la plus courante, étaient les peines corporelles généralement appliquées. Quelques exceptions apparaissaient pourtant : si la pendaison était bonne pour le roturier, le noble, lui, se faisait décapiter ; il y avait aussi des écartèlements, des « bouillures », réservées aux faux-monnayeurs ; quant aux récidivistes, aux empoisonneurs ou aux hérétiques, ils montaient au bûcher.

Le massacre de la Saint-Barthélémy

La légende veut que ce soit Charles IX et sa mère, Catherine de Médicis, qui aient ordonné le massacre de la Saint-Barthélémy.
La légende veut que ce soit Charles IX et sa mère, Catherine de Médicis, qui aient ordonné le massacre de la Saint-Barthélémy.

Les guerres de religion qui opposent catholiques et protestants déchirent le nord et le sud de l’Europe depuis la première moitié du XVIe siècle. C’est une guerre idéologique dont le champ de bataille est passé de l’Allemagne de Charles Quint à la France des Valois. Depuis la mort d’Henri II en 1559, la France connaît une période de troubles. Les retournements d’alliance, les assassinats, les revirements du pouvoir royal font de ces dernières décennies du XVIe siècle des années de grande instabilité. Au moment où la royauté affirme l’unité de la foi catholique et condamne la Réforme, la communauté protestante se prépare à une résistance violente. Les affrontements, alors inévitables, sont livrés sans qu’un camp ne prenne réellement le dessus sur l’autre. Plusieurs paix et traités se succèdent. Le 19 mars 1563, l’édit de pacification d’Amboise met fin à une première guerre civile et accorde une certaine liberté de culte. Le 23 mars 1568, après une période troublée, la paix de Longjumeau rétablit la liberté de culte sans limites ni restrictions. Le 8 août 1570, la paix de Saint-Germain est signée, octroyant, pour deux ans, quatre places fortes aux protestants. L’heure semble être à la conciliation. Pourtant Catherine de Médicis, la mère du roi Charles IX, avait rencontré en 1564, à Bayonne, sa fille, épouse de Philippe II et le conseiller de celui-ci, le Duc d’Albe. Cette entrevue avait eu de quoi inquiéter les protestants dont le roi d’Espagne était un ennemi acharné. De plus, en mai 1568, Catherine se sépare de son conseiller le plus pacifiste : Michel de L’Hôpital. Ces deux événements paraissent, aujourd’hui, avant-coureurs du drame à venir.