Petite histoire de la Bavière

Signature de Charlemagne.
Signature de Charlemagne.

Primitivement, la Bavière était occupée par des Celtes avant d’être conquise, en 15 avant J.-C., par les Romains qui devaient occuper les provinces de Rhétie et de Norique. Au Ve siècle après J.-C., poussés par le phénomène des grandes invasions, des peuples celtes et germaniques venus de Bohême s’établirent dans la région et fondèrent, à partir du VIe siècle, la nation des Baiovarii. Si les Francs parvinrent à établir leur domination vers 630, la dynastie des Agilofinges – du nom d’un ancêtre légendaire, Agiluf, qui aurait fondé l’indépendance de la Bavière au début du Ve siècle contre les Ostrogoths- devait perdurer jusqu’au VIIIe siècle. A ce moment-là, le roi de Bavière était Tassilon III, que Charlemagne devait faire enfermer dans un monastère afin de s’emparer de la Bavière qui fut ainsi rattachée au royaume carolingien. Déjà évangélisée par saint Boniface, la Bavière devait être érigée en royaume par Louis le Pieux qui allait la donner à son fils Lothaire, qui lui-même devait la céder au bien nommé Louis le Germanique en 817.
Après l’extinction des Carolingiens allemands, la Bavière devait retourner au statu de duché (912), qui allait successivement échoir à la maison de Saxe, à celle de Franconie puis aux Guelfes. Une différence de statu qui ne devait nullement empêcher la Bavière de connaître, à cette même époque mais pour peu de temps, son extension la plus grande.

Les vampires et le mythe de l’immortalité

Vlad IV Tepes, dit Dracula.
Vlad IV Tepes, dit Dracula.

C’est armé d’un pieu, d’une croix et d’une bonne grosse gousse d’ail qu’il faut partir à la recherche des vampires, ces morts-vivants, nés dans les brumes de Transylvanie.
Tout le monde connaît le comte Dracula, personnage imaginé par Bram Stoker. Mais qui connaît sa véritable histoire ?
Au milieu du XVe siècle, régnait en Valachie un voïvode -c’est-à-dire un gouverneur- du nom de Vlad III Dracul, ce qui signifiait Vlad « le dragon », cet animal étant l’emblème du roi. Ce guerrier si redouté eut un fils, Vlad IV, qui lui succéda en 1455 sous le surnom de Dracula, « fils du dragon ».
Vlad IV était un être sombre et un guerrier courageux qui s’était particulièrement illustré dans la lutte pour libérer son pays, la Roumanie, de la mainmise ottomane. Sa réputation était telle qu’il entra très rapidement dans le cercle -très fermé- des héros nationaux.

Les jeux du cirque… à la cour de France

Statue illustrant le combat de Pépin le Bref.
Statue illustrant le combat de Pépin le Bref.

Grégoire de Tours note que, sous le règne de Chilpéric, qui ressuscitait les anciens jeux du cirque, la Gaule était devenue pauvre de bons athlètes et de chevaux de course. Quoi qu’il en soit, les combats d’animaux se perpétuèrent, à la cour du moins, pour le plaisir des rois.
Un jour, le roi Pépin s’étant arrêté, avec les principaux officiers de son armée à l’abbaye de Ferrières, on lui donna le spectacle du combat d’un lion et d’un taureau. Ce taureau était d’une grandeur gigantesque et d’une force extraordinaire ; mais le lion se jeta sur lui et le renversa. Pépin, qu’on avait surnommé le Bref, se tourna vers ses officiers, qui se raillaient souvent de sa petite taille.
-Faîtes lâcher prise au lion, leur dit-il, ou tuez-le sur le taureau.
Personne n’osa tenter une entreprise aussi périlleuse et quelques-uns dirent tout haut qu’il faudrait être fou pour se mesurer avec un lion. Pépin s’élance dans l’arène, l’épée à la main, et tranche en deux coups la tête du lion et celle du taureau.
-Que vous en semble ? dit-il à ses officiers, stupéfiés. Ne suis-je pas capable d’être votre maître ? La taille ne sert de rien au courage. Souvenez-vous de ce que le petit David fit au géant Goliath !

Mayence : la capitale de la Germanie

La ville de Mayence au Moyen Âge (gravure sur bois).
La ville de Mayence au Moyen Âge (gravure sur bois).

Fondée par Drusus, fils de l’empereur Tibère, vers 13 après J.-C., Mogontiacum, place forte du limes romain, devint dès l’ère romaine la capitale de la Germanie Première. Détruite par les invasions barbares après le départ des légions (402), elle revint aux Mérovingiens qui relevèrent la cité devenue Mayence. C’est saint Boniface qui, au VIIIe siècle, allait redonner à la cité ses lettres de noblesse : archevêché métropolitain de la Germanie, Mayence devint un centre politique et religieux incontournable, au point que ceux sont les évêques de Mayence qui devaient diriger les élections des souverains germaniques. Ils étaient également chanceliers du Saint-Empire et, lors des interrègnes, avaient le vicariat de l’empire.
La puissance temporelle des archevêques de Mayence remonte à la fin du Xe siècle, sous Willigis, et s’étendit peu à peu aux régions du Moyen-Rhin, du Main, de la Hesse, de la Thuringe et sur les villes de Kassel, Bingen, Erfurt, Aschaffenburg ou encore Eischfeld. Jusqu’au XVIIIe siècle, la province ecclésiastique de Mayence ne cessa de s’étendre, comprenant les sièges de Worms, Spire, Strasbourg, Constance, Padenborg, Hildesheim ou Fulda.

Calais tombe au son du tambour

Après onze longs mois d’un siège acharné, Édouard III, monarque d’Angleterre, met Calais à genoux et reçoit les clefs de la ville des mains de six notables « nus pieds et nus chefs, en leurs linges de draps seulement… ».
Le jour même, le 4 août 1347, le roi anglais, à la tête de ses troupes, entre dans la ville « avec si grande foison de musiciens, de tambours ainsi que de musettes que ce serait merveille à raconter ».
C’est le chroniqueur Froissart qui, pour la première fois, fait mention du tambour militaire, un instrument sans doute d’origine indienne, et qu’il va nommer « bedon ».

Les Vikings et « l’aigle de sang »

Un guerrier viking chargeant (iconographie du XIXe siècle).
Un guerrier viking chargeant (iconographie du XIXe siècle).

Durant près de trois siècles, du VIIIe au XIe siècle, les Vikings vont semer la terreur en Occident. Surgissant des brumes de la mer du Nord, ils s’échouaient sur les côtes grâce à leur drakkars ou leurs snekkars (les uns ornés d’une tête de dragon, les autres d’une tête de serpent), des navires à faible tirant d’eau et remarquablement maniables qui leur permettaient de pénétrer toujours plus avant dans les terres. Marins hors-pairs, charpentiers de génies, les Vikings doivent beaucoup à la conception même de leur navires et à leur incroyable esprit d’aventure. Ils doivent aussi beaucoup à leur sens du commerce et, s’ils n’édifient guère de cités, multiplient, à partir du VIIIe siècle, les places commerciales, nécessaires à l’écoulement de leurs marchandises et à celui des butins, conséquence de leurs razzias. Les découvertes archéologiques faites sur ces sites commerciaux ne lassent pas d’étonner : un jeu d’échec en cristal de perse, des soieries chinoises, des pierres précieuse arabes, une statuette de Bouddha même ! Tout laisse penser que ces aventuriers sont allés au bout du monde. Mais, ne nous y trompons pas, les Vikings, même s’ils savaient jouer les commerçants, étaient avant tout des pillards capables de vider un village en quelques heures.

Le Graal : quête et résurrection

Galaad et ses compagnons trouvant le Graal (gravure moderne).
Galaad et ses compagnons trouvant le Graal (gravure moderne).

Plus qu’une légende, la quête du Graal se veut une leçon de spiritualité où les valeurs les plus chrétiennes et les plus saintes sont placées au premier plan. D’inspiration cistercienne, l’œuvre du Graal rappelle le dur chemin de l’homme vers sa rédemption. Mais qu’est-ce que le Graal ?
Le Vendredi saint, au pied de la croix, Joseph d’Arimathie, un des disciples de Jésus, tenait entre ses mains la coupe dont le Christ s’était servi la veille au cours de la Cène. Dans cette coupe, Joseph put recueillir un peu du sang du Christ qui coulait de son côté, transpercé par la lance d’un soldat romain. Plus tard, Joseph, qui est considéré dans « La quête du Graal » comme le premier évêque, partit de Palestine et s’installa en Europe. Ses fils et ses petits-fils après lui prirent soin du Graal mais finirent par l’enterrer. C’est alors que les chevaliers de la Table ronde décidèrent d’entreprendre cette quête. Partant chacun de leur côté, ils avaient cent un jours pour le trouver et le ramener au roi Arthur.
Galaad, Perceval et Bohort trouvèrent le château où était caché le Graal, celui de Corbenic, et assistèrent ensemble à une cérémonie qui leur révéla partiellement les secrets du Saint Graal.

Les Omeyyades : des politiques au service de l’islam

Détail d'un Coran.
Détail d’un Coran.

Omeyya, dont la dynastie Omeyyade tire son nom, était un parent de Mahomet, ce qui devait leur conférer une certaine légitimité. En fait, c’est sous le califat de Moawiya Ier (660-680), puissant gouverneur de Syrie sous Omar, que la dynastie devait prendre son essor et acquérir son indépendance. En refusant de reconnaître Ali, le gendre du prophète, après la mort d’Othman, en désignant son propre fils comme son successeur, Moawiya Ier avait fait sécession et proclamé, dans les faits, l’institution du califat héréditaire. Son fils, Yazid Ier, aura bien du mal à se défaire des partisans d’Ali et des partisans du nouveau calife d’Arabie. Mais la victoire de Yazid allait annoncer le début de l’expansion omeyyade. C’est vers l’est que les regards de la nouvelle dynastie se tourne tout d’abord : Kaboul le Belouchistan et le Sindh tombent sous leur coupe ; puis vient le tour de l’empire byzantin et de Constantinople, sa capitale, qui subit un siège mémorable en 673 ; enfin, entre 660 et 709, c’est toute l’Afrique du Nord qui tombe aux mains des Omeyyades… qui ne tarderont pas à tourner leurs regards vers l’Espagne, pratiquement conquise entre 711 et 719.

La légende des Nibelungen

Tout a commencé un jour que Loki, le dieu du feu, Hœnir et son frère Odin se promenaient dans le Midgard, le monde des hommes. Voyant une belle loutre, Loki la tua avec une pierre puis les trois dieux l’emportèrent dans la demeure d’un magicien, Hreidmar, à qui ils demandèrent l’hospitalité. Le magicien se rendit alors compte que la loutre n’était autre que son fils, Otter. Furieux, Hreidmar et ses deux autres fils, Fafnir et Régin, emprisonnèrent les dieux, réclamant comme dédommagement autant d’or que l’on pouvait en étaler sur la peau de la loutre. Mais cette peau était magique et s’étirait à l’infini.

Guillaume Tell, un héros scandinave ?

Statue de Guillaume Tell.
Statue de Guillaume Tell.

Un pays sans héros est un pays sans histoire. Héros fondateur, héros de l’indépendance, héros guerrier tout simplement : chaque pays a su trouvé, au cours de son histoire, un homme ou une femme qui, plus que tout autre, incarnait l’idéal de tout un peuple. Et c’est ainsi que se construit une nation. C’est ainsi que la France a élevé Jeanne d’Arc au rang d’héroïne, que le Cid incarne l’idéal espagnol et que la Suisse se reconnaît dans le personnage de Guillaume Tell. Pourtant les Suisses comme els autres savent fort bien que leur héros n’est qu’un mythe.
L’histoire se déroule au XIVe siècle, alors que la Suisse fait partie du Saint Empire romain germanique. Sévissait alors dans le canton d’Uri un certain Herman Gessler, bailli de son état, qui profitait de son statu pour taxer lourdement la population, pour la terroriser même, emprisonnant à tour de bras. Son orgueil était si grand, sa fourberie telle qu’il avait érigé un grand mât, au centre du bourg d’Altdorf , et exigé que chacun salue son couvre-chef, placé en haut du mât. Le contrevenant risquait gros… Le contrevenant sera Guillaume Tell, le meilleur archer du canton. Plutôt que de l’expédier illico en prison, Gessler décida de mettre l’habileté de l’archer à l’épreuve : il fit placer une pomme sur la tête du fils de Tell, attendant de ce dernier qu’il transperce le fruit à plus de cent pas de distance. Guillaume Tell viendra à bout de l’épreuve d’un carreau, mais ce coup de maître ne satisfaisait toujours pas le bailli qui fit ligoter l’archer et son fils et les embarqua sur le lac de Lucerne avec pour destination finale la forteresse de Kussnach.