Bayézid, le conquérant de l’Europe

Bayézid faisant exécuter les prisonniers chrétiens (gravure du XIXe siècle).
Bayézid faisant exécuter les prisonniers chrétiens (gravure du XIXe siècle).

Bayézid. Le nom est pour beaucoup méconnu pourtant, des années durant, les Européens n’ont connu que lui, l’ont craint plus que tout autre ; Racine lui a même consacré une pièce, sous le nom francisé de Bajazet. Fils et successeur de Mourad Ier, Bayézid avait une certaine propension à l’indépendance ; propension qui devait le conduire à faire assassiner son unique frère dès que l’occasion se présenta. Ce n’est pourtant pas cette action -assez répétitive au sein des cours ottomanes- qui devait distinguer Bayézid de ses pairs. Marchant avec bonheur sur les traces conquérantes de son père, il devait mener une véritable "guerre éclaire" sur l’Europe, passant à deux doigts de l’exploit en manquant d’enlever Constantinople. En un an seulement, il devait achever la conquête de la Thessalie, de la Serbie et de la Bulgarie (1394) puis écraser les armées européennes menées par le roi de Hongrie Sigismond. La défaite de Nicopolis, en 1396, devait marquer les esprits pour longtemps. On dit même que c’est à cause de celle-ci et parce que le duc Jean sans Peur, fait prisonnier, avait été profondément marquer, que Philippe de Bourgogne devait ensuite créé l’ordre de la Toison d’Or. Surnommé Yildirim, "l’Eclair", Bayézid ne devait qu’à l’invasion de Tamerlan en Asie Mineure de laisser échapper Constantinople. Athènes et tout le Péloponèse était déjà tombé. Pour Constantinople, ce n’était plus cependant qu’une question de temps…

Courbe la tête, fier Sicambre !

Sur le point d’être vaincu à Tolbiac, Clovis, qui est païen, implore le Dieu de sa femme, Clotilde, et fait vœu de se convertir s’il est victorieux. Tels sont du moins les faits que rapporte les chroniqueurs du temps.
Le combat reprend aussitôt et Clovis va remporter sur les Alamans une victoire totale. Le nouveau maître des Gaules décide alors de remplir la promesse faite au Dieu de Clotilde sur le champ de bataille à Tolbiac. Grégoire de Tours raconte cet événement :
Clotilde manda secrètement saint Remi, évêque de Reims, en le priant d’insinuer au roi la parole du salut.
-J’écouterai volontiers, très saint père, répondit Clovis.
L’évêque, transporté d’allégresse, ordonne qu’on prépare la piscine sacrée. On tend, d’un toit à l’autre, dans les rues, sur les parois de l’église, des voiles aux brillantes couleurs ; on orne les murailles de blanches draperies ; on dispose le baptistère ; l’encens fume, les cierges brûlent et le temple tout entier est rempli d’un parfum divin. Le cortège se met en marche, précédé par les crucifix et les saints Évangiles, au chant des hymnes, des cantiques et des litanies et aux acclamations poussées en l’honneur des saints… Le vénérable pontife menait le roi par la main, du logis royal au baptistère…

Le mea culpa du comte de Toulouse

Sceau de Raymond VI de Toulouse (1156-1222).
Sceau de Raymond VI de Toulouse (1156-1222).

Or le comte Raymond se levant alors à Saint-Gilles, le légat du Saint-Père, avec frère Pierre de Castelneau, y arriva, disputant toujours avec tous des hérésies, si bien qu’il se prit de paroles et querelles à ce sujet avec un gentilhomme, serviteur du comte Raymond de Toulouse. Et leur dispute alla si loin, qu’à la fin ledit gentilhomme donna d’une épée à travers le corps à Pierre de Castelneau et le tua et fit mourir…
Après cet assassinat, vrai ou supposé, le pape lança la croisade contre les Albigeois, dont beaucoup étaient des serviteurs du comte Raymond VI de Toulouse. Tantôt pour les Cathares, tantôt pour l’Église, Raymond VI tentait surtout de sauver ses terres de l’avidité de Simon de Montfort et des barons français.

La vengeance de Sven

Alfred le Grand (v. 849-899), d'après une illustration moderne.
Alfred le Grand (v. 849-899), d’après une illustration moderne.

Depuis le tout début du IXe siècle et durant près de deux siècles et demi, l’Europe va être l’objet privilégié des raids et des conquêtes vikings. L’Irlande, l’Angleterre, la France voient débarquer les guerriers scandinaves qui sèment la terreur sur leur passage. En France, le problème est résolu lorsqu’en 911 Charles III le Simple offre tout bonnement une province, la Normandie, aux Vikings. À la même époque, l’Irlande est totalement soumise et il faut attendre l’an 1000 environ pour que les Irlandais, menés par Brian Boru, organisent la lutte contre l’envahisseur. Cinquante ans de combats suivront, dont les Irlandais sortiront vainqueurs…
Pour les Anglais aussi, le Xe siècle commence sous de bons auspices : Alfred le Grand a repoussé les « hommes du Nord » et son fils, poursuivant l’œuvre paternelle, dote les régions stratégiques de fortifications et de solides garnisons. L’avenir des Danois en Angleterre semble fort compromis et, jusqu’au XIe siècle, ils ne résistent que régionalement et épisodiquement. C’est alors que l’Angleterre tombe entre les mains d’Ethelred l’Irrésolu qui, comme son nom l’indique, est un faible et un incapable. Surtout, Ethelred va commettre l’irréparable quand, le 13 novembre 1002, il donne l’ordre de massacrer tous les Danois vivant sur son territoire…

Grenade aux catholiques

Grenade aux rois catholiques ! , crie un héraut depuis la tour de la Vela, lorsque Boabdil, dernier roi de Grenade, franchit la Porte des Sept Étages.
Le royaume de Grenade, vassal de la Castille depuis 1246, vient de tomber. Profitant des intrigues de harem qui secouent le royaume arabe de Grenade, les Rois Catholiques reprennent une Reconquista entreprise sept siècles auparavant. Il ne faudra qu’un an pour que Ferdinand II (1479-1516) ainsi qu’Isabelle Ire (1474-1504) s’emparent de la dernière possession musulmane en Occident.
Le 25 novembre 1491, alors que les Espagnols remportent victoire après victoire depuis près d’un an, c’est la capitulation finale et, le 2 janvier 1492, Boabdil remet les clefs de l’Alcazar à Ferdinand. En cette « annus mirabilis », la grande Espagne catholique a mis fin à la présence arabe en Europe.

L’humiliation de Canossa

L'empereur Henri IV se rendant, en habit de pénitent, auprès de Grégoire VII.
L’empereur Henri IV se rendant, en habit de pénitent, auprès de Grégoire VII.

Depuis déjà plusieurs années, les empereurs germaniques s’étaient institués protecteurs de l’Église et n’hésitaient pas à nommer eux-mêmes les papes. Mais, pendant la minorité d’Henri IV, un moine clunisien, du nom d’Hildebrand, conseille au pape Nicolas II de modifier le régime de l’élection pontificale… en écartant toute prérogative impériale ! Quand, en 1073, il devient lui-même pape sous le nom de Grégoire VII, il entre en conflit avec Henri IV, devenu majeur. La rivalité entre la papauté et les empereurs germaniques ne fait que commencer…
En 1076, lors du synode de Worms, Henri IV fait déposer Grégoire VII qui répond en excommuniant l’empereur, ce qui donne une bonne excuse aux féodaux allemands pour entrer en révolte. La situation de l’empereur devient si critique, qu’il doit finalement s’incliner : le 22 janvier 1077, à Canossa, il paraît devant Grégoire VII en habit de pénitent… La papauté vient de gagner la première bataille d’une lutte qui durera jusqu’en 1122.

La folie du roi

Charles VI en forêt du Mans (d'après une statue ancienne).
Charles VI en forêt du Mans (d’après une statue ancienne).

C’était au milieu de l’été, pendant les lourdes chaleurs d’août. Comme il traversait la forêt, un homme tout vêtu de blanc se jette à la bride de son cheval en criant :
-Arrête, noble roi, ne passe pas outre, tu es trahi !
Cette subite apparition frappe le roi. Un peu plus loin, le page qui portait la lance royale s’endort sur son cheval ; la lance tombe et frappe un casque qui retentit. À ce bruit d’armes, le roi tressaille, tire l’épée et crie :
-Sus, sus aux traîtres !
Il court, l’épée nue, sur ses pages, sur son escorte, sur son frère, le duc d’Orléans, qui l’évite à grand-peine…
Le roi était fou !

Marigny est condamné !

Contrairement aux célèbres écrits du romancier Maurice Druon, ce n’est pas suite à la malédiction de Jacques de Molay que sont décédés, successivement et la même année, Philippe IV le Bel, Clément V ainsi qu’Enguerrand de Marigny.
Conseiller particulier de Philippe IV, juriste retors, ministre tout-puissant et scandaleusement fortuné, chargé d’appliquer la politique monétaire du roi de France, Marigny a su se faire haïr des seigneurs de la cour et, tout  particulièrement, de Charles de Valois. À la mort de Philippe le Bel, son fils aîné, Louis X le Hutin, monte sur le trône. Mais ce dernier, trop faible, ne peut faire face à la puissante réaction féodale, dirigée par le duc de Valois, oncle du roi.
Pour tempérer ses vassaux, Louis X sacrifie Enguerrand de Marigny, qui est pendu au gibet de Montfaucon, le 21 juillet 1315.

La révolution avortée de 1484

Charles VIII (1470-1498).
Charles VIII (1470-1498).

Suite à la mort de Louis XI, le peuple se sentit si soulagé qu’il s’en prit aux anciens conseillers de ce roi qu’il avait détesté. La couronne avait échu à un enfant de treize ans et il paraissait évident pour tous que le jeune roi ne pouvait gouverner seul au milieu de ces débordements. On décida donc la réunion d’états généraux qui s’ouvrirent le 15 janvier 1484 à Tours. Là, un seigneur bourguignon, Philippe Pot, se leva et, devant tous et alors que les princes réclamaient le gouvernement du royaume à cor et à cri, déclara :
-Le peuple souverain créa, à l’origine, des rois par son suffrage… N’avons-nous pas lu souvent que l’État est la chose publique ? La chose publique n’est que la chose du peuple ; c’est lui qui l’a confiée aux rois…

Les Croisés prennent Jérusalem

En 1095, plus de sept cent mille Croisés quittent l’Europe et se mettent en route vers la Terre Sainte. Les Provençaux sont commandés par Raymond de Saint-Gilles, comte de Toulouse et par le légat du Pape ; les Français par Étienne de Blois, Hugues de Vermandois, frère du roi de France et le Normand Robert Courteheuse, fils du Conquérant ; les Flamands suivent Godefroi de Bouillon et les Normands de Sicile Bohémond de Tarente et son neveu Tancrède.
Durant quatre années de marche et de guerre, beaucoup sont morts, d’autres ont abandonné. Certains chefs ont fui même, tel Hugues de Vermandois, Robert Courteheuse ou Étienne de Blois. Et, en juin 1099, ils ne sont que soixante mille sous les remparts de Jérusalem.