Gettysburg : un tournant sanglant

Le général Robert Edward Lee (1807-1870)

À l’aube du 1er juillet 1863, les armées sudistes et nordistes se font face, prêtes à l’attaque. Le choc sera sanglant et la bataille durera trois jours entiers…
La guerre de Sécession, qui ravage les États-Unis de 1861 à 1865, a pour lointaine origine les différences profondes entre l’économie du sud et celle du nord du pays. Alors que le Nord s’industrialise et entend instaurer une politique protectionniste, le Sud reste avant tout un pays agricole, cultivant en majorité du coton et dont la monoculture est entièrement tournée vers l’étranger.
De divergences en controverses, le Nord et le Sud vont finalement en arriver à la guerre civile avec la question de l’esclavage.

Mais qu’est-ce qui effraie tant monsieur Darcos ?

Xavier Darcos, actuel ministre de l'Education nationale.
Xavier Darcos, actuel ministre de l’Education nationale.

Qu’est-ce qui effraie tant monsieur Darcos ? Monsieur Darcos et nombre de ses prédécesseurs d’ailleurs qui se voient proposer, maintenant, d’écrire eux-mêmes les programmes d’histoire ! Cela semble incroyable ? En fait c’est presque naturel tant l’histoire est un sujet sensible, une matière apte à la propagation d’idées, voire d’idéaux. Les pseudos historiens du XIXe siècle, ceux de la lignée de Michelet, ceux que Jules Ferry cautionnera, sont de cette école. Leur but, alors, la réécriture de l’histoire, notamment médiévale et monarchique, dans le but de promouvoir l’idéal révolutionnaire mais aussi patriotique. Exagérations, mensonges, inventions : tout est bon pour salir les principes féodaux, religieux des siècles précédents. Tout est bon pour faire des quelques mille ans qui constituent le Moyen Age une période sombre, obscure même. Tout est bon pour présenter les souverains de la Renaissance et des Lumières comme des monarques décadents, oppressifs. Etre historiens, au XIXe siècle, c’était faire œuvre de propagande ! Et il faut croire que rien n’a vraiment changé. A une exception près cependant : si les historiens que XXe siècle n’ont guère eu de mal, pour peu qu’ils s’y soient attachés, à revenir sur les " vérités révélées " du siècle précédent, c’est que la loi, déjà, le leur permettait. Une leçon semble-t-il pour les néo-propagandistes de l’histoire, ceux du XXIe siècle, qui ont pris soin d’empêcher, d’interdire toute recherche, tout débat.

Géorgie-Russie : le jeu du chat et de la souris

Vladimir Poutine (photo récente).
Vladimir Poutine (photo récente).

Les spécialistes de la géopolitique vous le diront : les tensions entre la Russie et la Géorgie ne datent pas d’hier. La quasi annexion, au début des années 1990, de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie, des territoires séparatistes géorgiens, y sont pour beaucoup. D’où une succession d’escarmouches, de provocations, d’expulsions diverses. Mais si les spécialistes de géopolitique peuvent dirent beaucoup sur l’affrontement entre ces deux pays, les historiens également, car le jeu du chat et de la souris, les soumissions et la résistance, le protectorat et la révolte remontent à quelques siècles.
L’histoire commune de la Russie et de la Géorgie remonte au XVIIIe siècle. Coupée du monde chrétien depuis la prise de Constantinople par les Turcs (1453), la Géorgie devient, et pour trois siècles, un enjeu dans la lutte entre les Ottomans et les Perses avant que ces derniers ne confient son gouvernement à Teimourov II, issu de la dynastie des Bagratides. Réunificateurs de la Géorgie médiévale, vainqueurs de l’islam, les Bagratides avaient conduit la Géorgie à son apogée et l’avaient protégé de la poussée ottomane durant près de quatre siècles. Mais lorsqu’au XVIIIe siècle, leurs descendants accèdent au trône, l’âme des Bagratides semble s’être quelque peu émoussée.

Tyrannie contre démocratie : le faux débat

Vladimir Poutine, en premier plan, suivi de son dauphin et successeur, Dimitri Medvedev.
Vladimir Poutine, en premier plan, suivi de son dauphin et successeur, Dimitri Medvedev .

Les élections se suivent et ne se ressemblent pas. Il y a peu, Medvedev devenait le président d’un gouvernement poutiniste allègrement qualifié par les journalistes occidentaux de despotique ; demain, l’Amérique risque bien de se voir voler son élection présidentielle par excès de démocratie. Reste à savoir lequel, du Russe ou de l’Américain, est le plus légitime. Reste également à savoir lequel, dans ces circonstances, apportera le plus à son pays. Car après tout, c’est bien là qu’est la question…
Le monde occidental se fait volontiers l’avocat, pis, le chantre de la démocratie. Au point, d’ailleurs, de vouloir l’imposer au monde entier ! Une démocratie qui aux Etats-Unis même, est en train de montrer une faille inattendue. De fait, la compétition Obama-Clinton -compétition de l’image plus que du fond d’ailleurs- est si serrée que, quelle qu’en soit l’issue, une large partie des électeurs démocrates vont se sentir floués. Et cela pour la bonne et simple raison que les deux candidats, au coude à coude, sont également légitimes… mais qu’il va bien falloir en choisir un ! Choix fait par les caucus ou les primaires actuelles -par ailleurs difficiles à comprendre dans leur fonctionnement- ou par les grands électeurs, ce qui serait un comble. A force de démocratie, donc, les démocrates américains seront, à coup sûrs, les grands perdants de cette élection.

L’Irlande crie famine

En août 1845, apparaît le pire ennemi des Irlandais : le phytophthora infestans, un champignon qui putréfie littéralement les pommes de terre. Et, alors que la récolte de 1845 s’annonçait excellente, elle est réduite à néant par cette redoutable maladie…
Le gouvernement britannique, qui contrôle l’Irlande depuis le XVIe siècle, tente faiblement d’enrayer le désastre. Le 6 novembre 1845, il décide l’importation de maïs depuis les États-Unis mais refuse de renouveler l’opération les années suivantes. L’Irlande sombre dans une terrible famine, qui fait près d’un million et demi de morts entre 1845 et 1850.
C’est à cette époque que les Irlandais, fuyant la misère de leur pays, émigrent massivement en Angleterre et, surtout, aux États-Unis, où ils formeront l’une des communautés les plus agissantes du pays. Ce qui fera dire plus tard à Jefferson que les « États-Unis sont fille de la misère ».

La révolte des Cipayes

Un soldat cipaye (d'après une dessin du XIXe siècle).
Un soldat cipaye (d’après une dessin du XIXe siècle).

Lors de la conquête de l’Europe, les Ottomans avaient eu l’idée de créer un corps d’armée uniquement constitué d’enfants, enlevés à leurs parents dès leur plus jeune âge. Les janissaires, puisque c’est d’eux qu’il s’agit, allaient devenir le corps d’élite de l’armée ottomane ; son arme de guerre la plus fameuse.
Lorsque les Britanniques pénétrèrent en Inde, ils décidèrent de faire de même. Ou à peu près. C’est ainsi que naquirent les Cipayes, des indigènes enrôlés dans l’armée occupante. En 1847, ils seront pas moins de 190 000, encadrés par des officiers anglais.
Mais les Cipayes étaient Indiens et donc hindous. Une religion qui honore la vache, élevé au rang d’animal sacré. Prenant prétexte que les cartouche fournies à l’armée étaient enduites de graisse de vache et qu’il fallait, pour les décapsuler, mordre dedans, les Cipayes, vivement encouragés par les princes du Bengale, devaient se révolter en 1857. Elle devait se répandre à toute l’Inde centrale et au Nord et sera marquée par la prise de Delhi puis d’Allahabad et par le massacre des Européens établis à Cawnpore. La mésentente entre les révoltés eux-mêmes, la fidélité obtenue des Cipayes de Bombay allaient être les principales causes de l’échec de la révolte qui cesse dès l’année suivante, en 1858.

La « révolution safran » : acte 2

Des moines bouddhistes (photo récente).
Des moines bouddhistes (photo récente).

Birmanie : le nom d’un pays magnifique, un nom associé depuis des années à son icône Aung San Suu Kyi. Depuis quelques jours, ce nom est dans tous les médias : les moines sont dans la rue, cristallisant autour d’eux, grâce notamment à l’autorité morale qu’ils représentent, la révolte sourde de toute une population. Un engagement inespéré de la part de ceux qui se voulaient, jusqu’à ces derniers jours, neutres. Un engagement qui a permis de baptiser ce mouvement du nom très médiatique de « révolution safran ». Un engagement, enfin, qui fait écho à une autre révolte des moines bouddhistes… vieille d’un siècle.
Située aux confins de l’Inde et de la Chine, de tous temps la Birmanie a fait l’objet de nombreuses convoitises, aussi bien pour son  intérêt stratégique que commercial. C’est l’Angleterre qui, bien entendu, va se révéler la plus intéressée par cette contrée, finissant, après trois guerres successives (entre 1824 et 1885) par annexer le royaume qui devient une province de l’empire des Indes. C’est là que se jouera le premier acte de la révolution safran : les moines sortent de leur passivité et engagent la lutte pour l’indépendance. Une indépendance relative, il est vrai, que le pays obtient en 1923.

La gloire du « Spirit of Saint Louis »

Charles Lindbergh (1909-1974).
Charles Lindbergh (1909-1974).

Voir le monde à travers le regard de Dieu, selon le mot de l’écrivain Karen Blixen : tel fut la passion du plus célèbre pilote de toute l’histoire de l’aviation, Charles Augustus Lindbergh.
Né en même temps que l’aviation, ce fils d’un parlementaire d’origine scandinave abandonne très vite ses études pour se consacrer à son rêve : voler. Mais c’est à l’occasion d’un concours qu’il acquiert la notoriété : en 1927, un hôtel parisien offre un prix de 25000 dollars au premier aviateur qui traversera l’Atlantique de New York à Paris. Le 20 mai suivant, à bord du Spirit of Saint Louis, Charles Lindbergh quitte New York et, après seulement trente-trois heures de vol, atterrit au Bourget où l’attend une foule enthousiaste : Lindbergh est entré dans la légende. C’était le 21 mai 1927.

La fin du Directoire

Emmanuel-Joseph Sieyès (1748-1836).
Emmanuel-Joseph Sieyès (1748-1836).

En cette fin d’année 1799, Sieyès, membre du Directoire, voit avec inquiétude un grand nombre d’anciens constituants monarchistes entrer soit au Conseil des Cinq-Cents, soit à celui des Anciens.
La république est en danger et seul un homme fort, un militaire, pourrait la sauver. Justement, Bonaparte est de retour d’Égypte, plein d’ambition et auréolé de gloire.
Il accepte la proposition de Sieyès de renverser le Directoire et le 18 brumaire (9 novembre 1799), Sieyès, Ducos et Barras, complices, démissionnent et obligent ainsi les deux autres directeurs à en faire autant : le pouvoir est vacant. Le lendemain, le Conseil des Cinq-Cents, réuni pour élire un nouveau gouvernement, soupçonne le jeune Bonaparte de vouloir s’emparer du pouvoir et le fait savoir.

La renaissance polonaise… sous l’égide américaine

Thomas Woodrow Wilson (1856-1924).
Thomas Woodrow Wilson (1856-1924).

De tout temps la Pologne aura été, pour ses voisins, une terre à conquérir, un "gâteau" à se partager. Une situation sans doute due, en grande partie, au manque de suivi dynastique. De fait, du XVIIe siècle au XXe siècle, ce territoire d’Europe central, idéalement situé entre l’Occident et l’Orient, entre l’Europe et la Russie, va faire l’objet d’une conquête acharnée, d’un dépeçage systématique. La Prusse, l’Autriche, la Russie s’empareront du gâteau polonais à pas moins de trois reprises. La facilité avec laquelle ces puissances s’affranchiront de tout scrupule conduirait même à se demander si les Polonais eux-mêmes en avaient jamais pris ombrage. Pourtant, la résistance polonaise sera réelle, à défaut d’être efficace. Une résistance dans laquelle s’illustreront des noms -encore connus en France mais de manière différente- tels que Poniatowski ou Kosciuszko !
La résistance de 1794, la révolte de 1848, les prémices d’indépendance de 1905 n’y feront rien. En fait, il faudra la menace soviétique, la peur du communisme pour qu’au lendemain de la Première Guerre mondiale, le président Wilson exige la création d’un Etat polonais. De la même façon qu’il avait "exigée" celle de la Yougoslavie ou de la Tchécoslovaquie -et on a vu avec quel résultat dès lors que ces pays auront secoué le joug soviétique. Petite particularité cependant, Wilson veut "la création d’un Etat polonais uni et indépendant avec libre accès à la mer". Un détail qui allait littéralement faire saliver les Allemands puis les Soviétiques, qui n’auront de cesse de contrôler ce pays -avec un succès tout relatif-, et qui donnera à la Pologne un réel pouvoir. Le tout étant alors de vouloir l’exercer.