Ferdinand de Lesseps : un héritage impérissable

Ferdinand de Lesseps (1805-1894).
Ferdinand de Lesseps (1805-1894).

À l’inauguration du canal de Suez, en 1869, Ferdinand de Lesseps acquiert une très grande popularité. Enivré par ce succès, il décide, en 1876, de percer l’isthme de Panama. L’idée, en fait, est très ancienne : dès 1529, on a pensé à cette entreprise, compte tenu de la minceur de cet isthme, mais elle ne commence à prendre corps qu’à la fin du XIXe siècle. En 1872, les États-Unis envisagent la percée par l’isthme de Tehuantepec au Mexique et, quatre ans plus tard, se constitue en France un « Comité pour le percement d’un canal interocéanique », dont la présidence échoit tout naturellement à Ferdinand de Lesseps.

Les soupirants de Julie

Julie Récamier (1777-1849), sur son fameux divan.
Julie Récamier (1777-1849), sur son fameux divan.

Les Muses sont des femmes célestes, qui ne défigurent point leurs traits par des grimaces.
Quand elles pleurent, c’est avec le secret dessein de s’embellir, a écrit Chateaubriand.

Et Julie Récamier fut, sans conteste, une muse pour son époque.
Dotée par la nature d’une beauté incomparable, Julie Bernard épouse, à seize ans, le banquier Récamier, de vingt-six ans son aîné. Elle entre ainsi dans le monde et devient rapidement l’égérie du tout Paris. Entourée d’une cohorte de soupirants, parmi lesquels Lucien Bonaparte, Benjamin Constant, Bernadotte, Wellington et le prince Auguste de Prusse qui veut l’épouser, elle traverse le siècle, n’accordant à ses admirateurs que les « consolations de la beauté ». Seul Chateaubriand, qu’elle rencontre en 1817 et qui, dès lors, devient un assidu du salon de l’Abbaye-aux-Bois, fut, sans doute, son amant. Immortalisée par le très célèbre tableau de François Gérard, Julie Récamier, qui symbolise par sa vie et sa grande beauté le XIXe siècle romantique, meurt en 1849.

Teresa Tallien, « Notre-Dame de Thermidor »

Madame Tallien (1773-1835) d'après une gravure d'époque.
Madame Tallien (1773-1835) d’après une gravure d’époque.

D’origine Espagnole, Teresa de Cabarrus est l’une des plus grandes figures de l’épopée révolutionnaire française.
À seize ans, son père la donne en mariage à un noble bordelais, Davis de Fontenay, dont elle divorce dès 1793, en pleine tourmente révolutionnaire. La belle Teresa, qui tentait de regagner l’Espagne, se retrouve alors en prison où elle fait la connaissance d’un jeune commissaire de la Convention, Jean-Lambert Tallien, qui fait d’elle sa maîtresse puis son épouse. Son influence sur Tallien est telle que Teresa instaure de nombreuses mesures de clémence, dont le « bureau des grâces » qui sauve de l’échafaud nombre de têtes, ce qui lui vaudra le surnom de Notre-Dame de Thermidor.
Après la Terreur, le couple Tallien regagne Paris où Teresa devient la reine des Merveilleuses, l’égérie des révolutionnaires. Mais, bientôt, son époux perd tout son pouvoir. Teresa s’en détache et devient la maîtresse du banquier Ouvrard avant d’épouser, en 1805, le comte de Caraman, futur prince de Chimay. Retirée dans son château de Chimay, Notre-Dame de Thermidor meurt le 15 janvier 1835.

Pie XII : « Après beaucoup de prières et de larmes »

Eugenio Pacelli, devenu Pie XII (1876-1958).
Eugenio Pacelli, devenu Pie XII (1876-1958).

On a eu beau jeu, durant des années, de critiquer le fameux silence de Pie XII. La consultation des archives du Vatican apporte cependant un éclairage nouveau -plus objectif sans doute- sur l’action de l’Église, et plus précisément de son chef, durant la Seconde Guerre mondiale. Certes, des représentants de la communauté juive avaient déjà manifesté leur gratitude envers Pie XII mais sans qu’on tienne vraiment compte de leur témoignage. Ainsi, Eugenio Zolli, grand rabbin de Rome pendant la guerre plus tard converti au catholicisme, écrivait :
Le judaïsme a une grande dette de reconnaissance envers Sa Sainteté Pie XII pour ses appels pressants et répétés, formulés en sa faveur.

Guy Môquet : nouveau mythe historique

Guy Môquet (1924-1941).
Guy Môquet (1924-1941).

Il y a peu, Monsieur Sarkozy, président nouvellement élu, a décidé qu’à chaque rentrée scolaire serait lue aux élèves de collège la dernière lettre de Guy Môquet, un jeune homme de 17 ans, fusillé en 1941. Le but avoué de cette initiative : faire prendre conscience aux jeunes collégiens français de ce qu’est l’amour de la France ; un amour qui peut et qui a souvent conduit au sacrifice. L’intention est louable… Sauf que ce fameux texte n’est rien de plus qu’une lettre d’adieu d’un fils à ses parents ; sauf que pas une fois, le jeune homme ne mentionne même la France ; sauf qu’il n’y a là aucun appel à la Résistance… Et pour cause ! Guy Môquet, arrêté en octobre 1940, ne l’a pas été pour son activisme contre les Allemands ; il ne l’a pas été pour un quelconque acte résistance -à moins que l’on considère le fait d’avoir été fusillé comme tel ! C’est pour avoir collé des affiches communistes que ce jeune militant a été arrêté ; et c’est parce qu’un officier allemand avait été assassiné qu’il a ensuite été fusillé. C’est bien triste mais ce fut le lot de nombre de Français… Quant à l’opportunité de porter au panthéon de l’histoire un militant communiste…

Ritter : le fils de Strabon

Karl Ritter (1779-1859).
Karl Ritter (1779-1859).

Il marchait d’un pas lent et inégal et, parfois, s’arrêtait pour réfléchir ; ses yeux, dirigés au loin comme s’ils rêvaient à l’Asie ou bien à l’Afrique lointaines, s’abaissaient rarement sur ceux auxquels il parlait ; on voyait dans chacun de ses mouvements qu’il était, pour ainsi dire, possédé par le démon de la science…
Fils spirituel de Strabon, Karl Ritter meurt, le 28 septembre 1859. Considéré comme le véritable fondateur de la géographie moderne, Ritter a su privilégier le rapport entre l’homme et le milieu physique, se faisant à la fois géographe et historien, et a donné une place de plus en plus importante à la géographie humaine. Les vingt volumes de son œuvre inachevée, Étude de la terre dans ses rapports avec la nature et l’histoire, constituent un véritable modèle pour les géographes à venir.

Roosevelt, l’homme de la guerre

Franklin Delano Roosevelt (1882-1945).
Franklin Delano Roosevelt (1882-1945).

Neveu de l’ancien président Teddy Roosevelt, Franklin Delano est né, le 20 janvier 1882, à Hyde Park. Ancien élève d’Harvard, il devient avocat puis sénateur de l’État de New York en 1910. En 1920, il interrompt sa carrière politique à la suite d’une attaque de polyomélite et c’est dans une chaise roulante qu’il reprend le chemin des urnes en 1928. Il est élu gouverneur de l’État  puis, toujours sous la bannière démocrate, président des États-Unis en 1933. Lorsque la guerre éclate en Europe, Roosevelt tient les États-Unis dans une prudente neutralité mais la soudaine attaque de Pearl Harbor par les Japonais va changer la donne.

Roy Bean : l’Amérique à deux visages

Photo du
Photo du "juge" Roy Bean (1825-1903)..

Si un pays n’est pas maître de son histoire, au moins a-t-il la possibilité de l’accepter. Il semble qu’aux Etats-Unis, on n’en soit pas encore là car, si les westerns se sont fait les vecteurs d’une histoire idéalisée et erronée, le désir de repentance, si à la mode dans le monde occidental fait désormais passer les conquérants de l’Ouest pour un ramassis d’assassins sans envergure. Sans doute y a-t-il eu autant de brigands que d’aventuriers, tous assoiffés par le désir de découverte ou simplement de richesses, mais la conquête de l’Ouest a également révélé quelques figures atypiques dont l’histoire mérite d’être retenue. Ainsi en est-il du redoutable Roy Bean, barman, juge et passer maître dans l’art de « rouler les gens dans la farine » !
Originaire du Kentucky, c’est accompagné de ses deux frères que Roy Bean se lance dans l’aventure de l’Ouest américain. Et c’est entre la Californie et le Nouveau-Mexique qu’il exercera ses nombreux talents. Ses frères aussi d’ailleurs, l’un en tant que maire et propriétaire de saloon et l’autre comme shérif… et propriétaire de saloon. Avant de marcher allègrement sur les traces de ses augustes prédécesseurs et d’embrasser la carrière de juge et de barman, Roy Bean va se faire un devoir d’apprendre à connaître la loi… en la détournant, bien sûr.

Dans l’ombre de Victoria

Albert de Saxe-Cobourg et Gotha (1819-1861).
Albert de Saxe-Cobourg et Gotha (1819-1861).

Aisément cantonné au rôle de père de ses neuf enfants ; facilement relégué dans la statut d’époux de la reine ; tout juste désigné sous le titre -acquis en 1857- de prince consort : Albert de Saxe-Cobourg et Gotha fait partie de la longue galerie de souverains méconnus.
Fils cadet du duc de Saxe-Cobourg et Gotha, cousin germain de la reine Victoria, il est à peine plus âgé qu’elle lorsqu’il l’épouse en 1840. Un mariage politique, qui sera également un véritable mariage d’amour duquel naîtront pas moins de neuf enfants. L’amour de la reine, le nombre d’enfants, brandit comme une sorte de "preuve" de cet amour : voilà, généralement à quoi se limite la biographie du prince Albert. Un prince qui ne deviendra consort qu’au bout de dix-sept ans de mariage ; un prince qui, semble-t-il, avait mérité ce titre de consort…
Certes, Albert ne gouverna pas directement, son épouse y parvenant admirablement sans son aide. Certes, son origine allemande pouvait même être un handicap. Mais le prince saura rapidement se rendre indispensable à son épouse autrement que dans leur vie de couple. Réorganisateur de l’armée lors de la guerre de Crimée, conseiller écouté de la reine, il saura surtout mettre en avant ses talents d’organisateur et même de promoteur lors de l’Exposition universelle de 1851, exposition qui sera -et il est bon de le souligner- un succès populaire autant que financier.

Louis Renault et les débuts de l’industrie automobile

Louis Renault (1877-1944).
Louis Renault (1877-1944).

En ces jours où le salon de l’automobile fait grand bruit, une histoire, celle de Louis Renault, mérite d’être rappelé. A cela, il faut voir plusieurs raisons : l’histoire de l’automobile française a débuté grâce à quelques passionnés tels que Louis Renault (1877-1944) ; et, à cause du procès –juste ou non- qu’il lui a été fait, la pierre qu’il a apporté à l’édifice de cette industrie a trop souvent été occulté voir banalisé.
Mécaniciens amateurs, Louis et son frère Marcel aménagent un atelier dans la maison de leurs parents à Billancourt et y mettent au point, en 1898, leur première voiture. L’année suivante, ils fondent l’usine Renault Frères et accaparent alors le marché des taxis parisiens et londoniens ; ils augmentent ainsi leur production rapidement et construisent le tank Renault.