Les bosquet sacrés des Celtes

Réunion de druides (gravure du XIXe siècle).
Réunion de druides (gravure du XIXe siècle).

Dans La Guerre des Gaules, César évoquent clairement des réunions de druides dans des bois sacrés :
« Chaque année, à date fixe, les druides tiennent leurs assises en un lieu consacré, dans le pays des Carnutes, qui passe pour occuper le centre de la Gaule. »
Or, si les druides avaient indéniablement un rôle politique et parfois judiciaire, ils sont surtout restés fameux pour le côté religieux de leur fonction ; et, justement, c’est dans les forêts que les Celtes avaient pour usage de vénérer leurs dieux.
De fait, la religion celte était intimement liée à la nature et notamment au monde sylvestre ou aux sources dans lesquels les Celtes voyaient volontiers la demeure des esprits, des dieux. Lacs, sources, bosquets : autant de lieux parfaitement anodin au yeux des Romains et des Grecs qui étaient en fait des lieux sacrés, de véritables temples naturels. Lucain, un auteur du Ier siècle , raconte que l’armée de César avait détruit un de ces lieux sacrés découvert dans une forêt. Dans La Pharsale, il évoque précisément « un bois sacré qui, depuis les temps les plus anciens, n’avait jamais été profané ». Mais la description qu’il en fait évoque clairement l’Au-delà, le monde des morts plus que des dieux :
«… entourant de ses branches entrelacées les ténèbres et les ombres glacées, à l’écart des mouvements du soleil ».
L’ombre, les ténèbres : voilà à quoi songe Lucain en décrivant ce bois sacré. Serait-ce que le monde des dieux est également celui des défunts ? Ou bien que les défunts sont assimilés à des divinités, qu’elles soient mineures ou non ?
De fait, et c’est étonnant à relever, la description que Lucain fait de ce bois sacré rappelle, selon la remarque de Miranda Green, spécialiste du monde celte, la description des Enfers dans L’Odyssée d’Homère. Un parallèle qui, même si l’on accepte l’idée que Lucain ait retranscrit un passage qu’il connaissait déjà pour illustrer son propos gaulois, laisse entendre que les Grecs anciens, avant de s’adonner à l’élévation de temples plus élaborés les uns que les autres, avaient une vision de l’Autre monde relativement proche de celle des Celtes et que c’est dans les bois, les ondes ou les entrailles de la terre qu’ils imaginaient la demeure des dieux.