Lord Sidney, une idole déchue

Portrait de sir Philip Sidney (1554-1586).
Portrait de sir Philip Sidney (1554-1586).

Homme d’Etat distingué, grand voyageur, poète émérite, sir Philip Sidney comptera au nombre des favoris de la reine Elisabeth avant de sombrer, comme souvent, dans la disgrâce.
Lui-même fils d’un homme d’etat, Philip Sidney fait ses études au très célèbre Christ College d’Oxford avant d’entreprendre un périple qui le conduit en France, en Allemagne et en Italie où il complètera son éducation et sa culture qu’il avait déjà grande. Séducteur et poète à ses heure, Sidney va devenir un intime de la reine Vierge qui se plaisait à l’appeler « mon Philip ». Une distinction qui se complétait avec un talent politique certain ce qui lui vaudra, en 1577, à seulement vingt-deux ans, d’être nommé ambassadeur auprès de l’empereur d’Autriche Rodolphe II. Une distinction qui lui fera aussi « oublier » sa place et son rang.
En effet, parce qu’il avait osé critiquer les projets de mariage de la souveraine anglaise avec le duc d’Anjou -projet qui ne verra jamais le jour-, Sidney devait subir l’ire royal avec pour conséquence l’exil. Retiré de la cour dès 1580, il sera envoyé par la froide souveraine sur le front des Pays-Bas où combattait déjà son oncle, Leicester. Blessé au cour d’une bataille contre les Espagnols, Sidney devait succomber à ses blessures. Outre la cour, c’est l’Angleterre toute entière qui devait le pleurer, elle qui s’était découvert un prosateur de génie, un poète plein de sensibilité, auteur de sonnets (Astrophel and stella) et d’un roman pastoral (Arcadia).