Constantin ou l’instrumentalisation de la Foi

Constantin le Grand (274-337).
Constantin le Grand (274-337).

Figure majeure de l’histoire romaine et de l’histoire du christianisme, Constantin Ier est resté dans les mémoires comme celui qui fit du christianisme une religion officielle mais qui lui permettra de prendre son essor, qui en fera la religion des empereurs. Agissant ainsi il paraît avoir été en complète rupture avec ses prédécesseurs, notamment Dioclétien qui persécuta les chrétiens. Pourtant, Constantin agit exactement comme les empereurs depuis Auguste ; comme eux, il va utiliser le divin pour affirmer son pouvoir et se présenter en roi-prêtre, en lien privilégié entre Dieu et les hommes.
Fils du césar Constance Chlore et d’une femme de basse extraction, Hélène, Constantin naît en 274 après J.-C. à Nis, en Serbie. Proclamé césar après la mort de son père, en 306, il partage alors le pouvoir avec Galère et Sévère, augustes tous les deux, et Maximin Daïa, césar comme lui. Un partage qui ne tardera pas à être bouleversé alors qu’après avoir conquis l’Afrique et l’Italie, Maxence, fils de Maximin, s’auto-proclame auguste. En réponse à quoi Constantin va également prendre le titre d’auguste. L’empire, jusqu’en 311, sera donc gouverné par pas moins de 4 augustes. C’était un peu trop, même pour l’empire : Constantin bât Maxence au Pont Milvius, en 312 puis, l’année suivante, conclut un accord de paix avec Licinius qui a également vaincu les armées de Maximin. Licinius et Constantin reste alors seuls augustes et proclament leurs fils, Crispus, Constantin II et Licinius le Jeune césars.