Landru : le sieur de Gambais

Henri Désiré Landru (1869-1922) lors de son procès.
Henri Désiré Landru (1869-1922) lors de son procès.

Jeanne Cuchet, veuve, 39 ans ; Line Laborde, veuve, 47 ans ; Marie-Angélique Guillin, veuve, 52 ans ; Berthe-Anna Héon, veuve, 55 ans ; Anna Collomb, veuve, 39 ans ; Lyane Jaume, en instance de divorce, 36 ans ; Andrée Babelay, célibataire, 19 ans ; Célestine Buisson, veuve, 44 ans ; Annette Pascal, divorcée, 36 ans ; Marie-Téhrèse Marchadier, célibataire, 39 ans.
Elles sont veuves pour la plupart, souvent d’âge mûr -si l’on excepte Andrée Babelay- et, à défaut de "prince charmant", rêvaient de s’établir, de convoler. C’est exactement ce que leur proposait Henri Désiré Landru, un homme d’apparence quelconque, petit, à moitié chauve mais qui, en ces années 1914-1919, avait le mérite de ne pas être au front, de ne pas être mort. Il est certain que la "carrière criminelle" de Landru aurait été toute autre sans cette guerre qui devait laisser le pays exsangue, ses fils dans la boue des champs de bataille. Le nombre d’hommes est alors plus que réduit alors que celui des veuves, à l’inverse, ne cessent d’augmenter. Dire que certaines femmes étaient moins "regardantes" serait trop facile. Car si Landru eut le succès qu’on lui connaît, il est certain qu’il le dut à son charme autant qu’à la situation des femmes en France pendant la guerre. Une guerre qui, simplement, devait faire quelque peu oublier la prudence généralement de mise. Une guerre qui allait révéler chez lui ses instincts les plus meurtriers.