Le Japon des origines

Un samouraï japonais.
Un samouraï japonais.

Les origines du Japon sont mystérieuses. On sait cependant que l’archipel était habité au IIe millénaire avant J.-C., et peut-être même avant, au IIIe millénaire. Mais l’histoire, même en partie légendaire, du Japon ne nous est vraiment connue qu’après l’introduction dans l’archipel de la civilisation chinoise. Un événement que va voir l’éclosion de la littérature japonaise dont les deux premiers exemplaires sont deux ouvrages mythico-historiques : le Kojiki et le Nihongi, qui datent respectivement de 712 et de 720 après J.-C.. C’est ainsi que l’on apprend que l’empire japonais a été fondé en 660 avant J.-C. Par Jimmu Tenno, fils de la déesse solaire Amatérasu. Un rapport entre souveraineté et nature que la religion shinto, encore présente de nos jours, ne cessera de mettre en avant, comme elle affirmera la nécessité du culte des ancêtres, si imprégné dans la culture japonaise.
Divisé en clan, le Japon avait sans aucun doute depuis longtemps des rapports avec la Chine. Mais l’influence de la civilisation chinoise ne devait se faire réellement sentir qu’au Vie siècle, sous les règnes de Suiko et de son neveu Shotoku Taishi. C’est à cette époque que les Japonais allaient révéler leur extraordinaire faculté d’assimilation : non seulement ils adoptèrent l’écriture, les moeurs, les techniques et les formes artistiques de la Chine, mais nombre d’entre eux allaient également se convertir au bouddhisme ou l’adapter au shinto traditionnel. Finalement, les Japonais allaient se « convertir » au mode chinois jusque dans leur gouvernement, imposant, en la personne de Yamato, un Etat impérial. En 702, le code Taiho devait achever de poser les bases d’une monarchie absolue, chapeautée par une bureaucratie et une administration à la chinoise.

Sully, l’alter ego d’Henri

Maximilien de Béthune, duc de Sully (1559-1641).
Maximilien de Béthune, duc de Sully (1559-1641).

On a tendance, en histoire comme ailleurs, à mettre une étiquette sur les personnages historiques, y compris et même surtout, les plus éminents. Homme sage et économe, ayant la rigidité du protestant : telle est l’image que l’on se fait de Sully. Ce n’est certes pas faux, mais c’est un peu rapide pour décrire l’un des hommes politiques majeurs du règne de Louis XIV.
Maximilien de Béthune né en 1560 à Rosny, près de Mantes. A l’âge de 11 ans, ce fils de famille protestante s’attache à Henri de Navarre, futur Henri IV. Il le suivra dans toutes ses guerres, se distinguant par ses talents d’ingénieur militaire. Un talent qui ferait presque oublier que Sully a été aussi un militaire de valeur, qui sera même blessé à la bataille d’Ivry en 1590. C’est lui, dit-on, qui poussa Henri IV à abjurer, ce que lui-même se refusera toujours à faire.
Devenu fort riche après son mariage, en 1584, avec Anne de Courtenay, il obtient, en 1598, la charge de surintendant des Finances. Dès ce moment, il s’attachera à remettre l’économie de la France en état ; une économie fort mal en point après des décennies de guerre interne. Pour ce faire, Sully -en fait il n’acquière le titre de duc de Sully qu’en 1606- va réduire les tailles, supprimer les charges inutiles, poursuivre tous les abus et toutes les prodigalités, donner la liberté aux exportations de blé et de vin, abolir nombre de péages, construire des routes, des ponts, le canal de Briare. Surtout, il va encourager formidablement l’agriculture qui peinait à se remettre des temps de guerre.

Des Mérovingiennes aux Carolingiennes : histoires d’alliances et de puissance

Bague mérovingienne, attribuée à la reine Arégonde.
Bague mérovingienne, attribuée à la reine Arégonde.

Le rôle des femmes et la délimitation de leur sphère d’influence vont lentement évoluer au cours du haut Moyen Âge, c’est-à-dire du Ve au XIe siècle. Et le jeu des mariages ou l’apparition de certains titres permettent d’interpréter cette évolution.
Longtemps les historiens, et avec eux le commun, ont gardé l’image d’un haut Moyen Âge sanglant -l’épisode de Frédégonde et de Brunehaut en témoigne-, encore totalement barbare et ne laissant aucune place aux femmes. Certes, les rois ou la noblesse vivaient encore selon les règles des anciennes tribus germaines, mais c’est l’idée même d’une société où la femme ne tiendrait aucun rôle qui pourrait paraître rétrograde. Aussi, de plus en plus d’historiens se penchent sur le sujet, à savoir la place des femmes à l’époque mérovingienne et carolingienne : une recherche qui bouleverse les idées reçues.

Le Nouvel empire ou la grande Egypte

Buste géant de Ramsès II (v. 1304 avant J.-C.-v. 1213 avant J.-C.).
Buste géant de Ramsès II (v. 1304 avant J.-C.-v. 1213 avant J.-C.).

Cinq siècles : c’est le temps que durera le Nouvel empire (1567-1085 avant J.-C.). Cinq siècles durant lesquels la forme pyramidale est celle qui symbolise le mieux l’Egypte. Pyramide du pouvoir, d’abord, avec le pharaon, fils des dieux, qui voit son caractère divin confirmé et étendu à toute sa famille, notamment sa sœur élevée au rang d’épouse d’Amon –une divinité qui prend alors l’allure de la racine de la dynastie. Une divinisation des pharaons et de toute leur famille qui explique aussi la multiplication des temples consacrés au culte des ancêtres des souverains ; des temples qui comptent parmi les joyaux de l’architecture égyptienne, comme Louxor ou Abou Simbel. Souverain divin, le pharaon multiplie alors les lois, répercute ses exigences auprès des vizirs et d’une hiérarchie de fonctionnaires qui font de la société égyptienne une pyramide dont le pharaon est la pointe et le peuple la base. Enfin, la forme pyramidale se retrouve dans l’éclosion d’une Egypte ouverte sur le monde, une Egypte qui fait converger vers elle tous les commerces, notamment des matières les plus précieuses. De fait, au cours de ces cinq siècles, l’Egypte devient le cœur du monde méditerranéen, étend son pouvoir bien au delà de la vallée du Nil à travers des colonies et des protectorats.

La Touraine en apanage

Pièce de monnaie de la tribu des Turones (Ier siècle après J.-C.).
Pièce de monnaie de la tribu des Turones (Ier siècle après J.-C.).

Lorsque les Romains pénètrent en Gaule, ceux sont les Turones qui peuplent la riche province de Touraine. Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’ils s’accommodèrent aisément de la conquête romaine, au point que la principale cité de la région, Turones, rebaptisée Caesarodunum -aujourd’hui Tours-, devint la capitale de toute la Lyonnaise IIIe, soit de la Touraine, mais aussi de l’Anjou, du Maine et de l’actuelle Bretagne.
Soumise en 480 après J.-C. Par les Wisigoths, la Touraine allait passer aux mains des Francs après la victoire de Clovis à Vouillé, en 507. Objet de toutes les convoitises tant la région était riche, tant sa situation, favorisant les échanges, en faisait un acteur incontournable au niveau commercial, la Touraine sera au cœur de nombreux conflits entre les princes mérovingiens, jusqu’à ce qu’elle acquière son indépendance, au Xe siècle, sous le gouvernement des comtes de Touraine. Une indépendance qui ne sera que de courte durée : enjeu d’une rivalité entre la maison d’Anjou et celle de Blois, la Touraine allait tombée dans l’escarcelle des premiers sous le règne de Geoffroi II Martel et donc, indirectement et dans les années à venir, dans celle de la maison d’Angleterre lorsque celle-ci aura pour chef un Plantagenêt.

Retour sur une religion méconnue : la religion romaine

Statuette d'un prêtre romain.
Statuette d’un prêtre romain.

Les Romains eux-mêmes se voyaient volontiers comme les plus religieux, les plus pieux des hommes. De fait, la religion faisait partie de la vie quotidienne ; elle lui imposait son rythme, depuis les premiers jours de la vie jusqu’aux derniers. Mais cette religion du quotidien était également dépourvue de mythologie propre, au point d’avoir adopté sans vergogne les divinités du panthéon grec et même celles d’autres régions, notamment des divinités orientales. Cette vision, qui est celle que les historiens ont eu pendant des siècles, est aujourd’hui sujet à révision et les spécialistes se penchent avec un intérêt nouveau sur la vision du divin chez les Romains.
Si la religion était si présente dans tous les actes de la vie, c’est avant tout parce que les Romains voyaient la main des dieux partout, dans tout. C’est également parce que, dans l’espoir de parer à toute éventualité et de ne surtout pas fâcher les dieux, tout en ignorant d’ailleurs ce qu’ils désirent vraiment. Durant la période archaïque, ces divinités n’avaient pas non plus d’apparence humaine, comme les divinités grecques. Des divinités que les Romains adopteront à l’époque classique, sans pour autant abandonner leurs rites. De fait, et c’est un trait particulier de la religion romaine, rien n’est jamais supprimé. Au fil des siècles, malgré l’apport de religions nouvelles, aucun rite ne sera abandonné. Et c’est finalement fort logique et s’explique par la conception même de la religion romaine. En effet, on a dit que si les rites étaient intimement lié au quotidien de la vie, c’était dans le but de toujours satisfaire aux dieux, de parer à toute éventualité. La chose se répète dans l’addition des rites et des croyances, car pourquoi abandonné quelque chose qui pourrait éventuellement servir encore ?

Verrochio : l’orfèvre inconnu

Le David de Verrochio (bronze).
Le David de Verrochio (bronze).

On pourrait dire que cet artiste est un inconnu à double titre : son nom n’est pas le sien réellement et, outre la peinture et la sculpture auxquelles son nom est attaché pour l’éternité, le commun ignore son premier métier.
De fait, Andréa di Michele di Francesco Cioni était orfèvre. Et c’est en référence à son maître en orfèvrerie qu’il prendra le nom d’Andréa del Verrochio. De cette époque, il ne reste guère de trace ; tout juste un bas-relief représentant la Décollation de saint Jean-Baptiste pour l’autel d’une église de Florence.
Verrochio est donc plus connu comme peintre. Et encore, les œuvres que l’on peut lui attribuer avec certitudes sont tout juste au nombre de deux. La Madone de la cathédrale de Pistoia sera exécutée avec son élève, Lorenzo di Credi ; et le Baptême du Christ, actuellement conservé au musée des Offices, à Florence, verra la « patte » de Léonard de Vinci qui exécutera les deux anges du tableau.

Elisabeth Bathory : la comtesse sanglante

Affiche d'un des nombreux films consacrés à la comtesse Bathory (sorti en 2008).
Affiche d’un des nombreux films consacrés à la comtesse Bathory (sorti en 2008).

C’est sans aucun doute à sa haute naissance qu’Elisabeth Bathory doit d’avoir survécu aux accusations qui furent portées contre elle. Née dans une célèbre et très ancienne famille noble de Hongrie, nièce du roi de Pologne Etienne Ier Bathory, Elisabeth Bathory est un véritable folklore à elle seule. Car cette jeune femme, au demeurant fort riche, mariée à un soldat de prestige, va commettre une série de crimes sanglants. D’où son surnom de "comtesse sanglante" ou de "comtesse Dracula". Des surnoms aussi évocateurs et peu flatteurs l’un que l’autre ; des surnoms dus autant à la nature des crimes de la comtesse qu’à l’endroit où les faits se déroulèrent.
C’est en 1575, alors qu’elle âgée que de 15 ans, qu’Elisabeth Bathory épouse un général de l’armée hongroise, le comte Ferenc Nadasdy. Le couple s’installe alors dans les Carpates, au château de Csej, qu’il a acquis depuis peu. La fonction du comte, devenu commandant en chef des armées hongroises, la guerre contre les Ottomans, qui commence en 1593, vont donner tout loisir à son épouse pour assouvir ses plus bas instincts. Elle le fera des années durant, jusqu’à ce qu’en 1604, alors que les rumeurs les plus folles circulent dans la région, un prêtre se rende à la cour de Vienne pour avertir la cour. Il le fera publiquement, ce qui n’empêchera pas la justice impériale de ne commencer son enquête… qu’en 1610. Autant dire que la comtesse devait être certaine de son impunité ; autant dire que la justice répugnait à s’attaquer à un aussi haut personnage. Pourtant, les faits appelaient l’urgence.

Archiloque, l’art de la satyre

Clio, muse grecque de la poésie, d'après une statue antique.
Clio, muse grecque de la poésie, d’après une statue antique.

Pour trouver l’inspiration, Archiloque n’eut qu’à reprendre sa vie, tant elle fut pleine de rebondissements et, surtout, émaillée de malheurs.
Fils d’un citoyen important de Paros et d’une esclave, Archiloque devait, tout d’abord, être, légitimement, privé de l’héritage paternel ; amoureux d’une jeune fille, il fut sèchement éconduit par le père de celle-ci, le père et la fille devenant dès lors les cibles de ses satyres. Des satyres tellement cruelles que tous deux finiront par se pendre. La misère allait ensuite pousser Archiloque à s’engager dans le métier des armes… où seule sa plume allait trouver quelques inspirations. De fait, il apparaît que le poète faisait un bien piètre soldat, se vantant d’avoir fuit dans le combat, raillant les valeurs militaires et tout ce qui faisait la base de la fierté grecque. Malgré tout, il semblerait bien que ce soit lors d’un combat, vers 640 avant J.-C., qu’Archiloque devait périr.
Si la vie d’Archiloque fut loin d’être brillante, sa réputation, après sa mort, subit un tout autre sort. Considéré comme l’inventeur des rythmes jambiques, le poète devait être considéré comme l’égal d’Homère, avec, en sus, un véritable désir de choquer, de dénoncer le monde grec tel qu’il était.

Les Seldjoukides font main basse sur le monde musulman

La bataille de Manzikert.
La bataille de Manzikert.

C’est dans le Turkestan occidental que voit le jour, au cours du Xe siècle, la tribu des Seldjoukides. Son nom vient de son premier chef, Seldjouk, qui conduisit sa tribu des bords de la Syr-Daria au Turkestan avant qu’elle ne s’établisse dans la région de Boukhara (vers 985). Soldats de Samanides -une dynastie persane-, les Seldjoukides allaient bénéficier de la chute de ces derniers pour se faire céder, par les Ghaznévides qui leur succédaient, le Khorassan. C’est là, vers 1035, que les Seldjoukides vont se révéler sous l’impulsion de Toghroul-beg, leur chef.
Ardent musulman sunnite, ce dernier devait soumettre toute la Perse et apporter son soutien au calife de Bagdad, alors sous la coupe de chiites.De fait, l’expansion des Seldjoukides devait très largement bénéficier de l’anarchie dans laquelle se trouvait le monde musulman au XIe siècle. Car à l’opposition religieuse entre chiites et sunnites, s’ajoutait le morcellement politique. A Bagdad, par exemple, le calife, sous tutelle iranienne, voyait battue en brèche l’autorité des Fatimides d’Egypte ; la Syrie était le proie des luttes entre les dynastie locales depuis que les Ommeyyades avaient disparu du champ politique.
Toghroul-beg allait pleinement profiter de la situation. Entré en maître à Bagdad après avoir soumis toute la Perse, Toghroul-beg devait s’imposer comme vicaire temporel du calife abbasside qui lui donnera le titre de « sultan » en sus de sa propre fille. Le successeur de Toghroul-beg, son neveu Alp-Arslan tentera d’intégrer les Seldjoukides dans un Etat centralisé et hiérarchisé.